La visite du chef du Pentagone en Inde dominée par la question de la Chine

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Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a salué samedi 20 mars « l'engagement croissant » de l'Inde, dont il a rencontré le Premier ministre Narendra Modi, avec des « partenaires sur la même longueur d'ondes », au moment où l'activisme chinois dans la région inquiète les deux pays.

L'Inde est un partenaire essentiel pour les États-Unis dans la région Asie-Pacifique et les discussions avec New Delhi ont été dominées par la Chine.

Le voyage de Lloyd Austin en Inde est la première rencontre de visu entre New Delhi et la nouvelle administration du président américain Joe Biden. Il est arrivé tard vendredi dans la capitale indienne et a aussitôt rencontré le Premier ministre Narendra Modi et le conseiller national à la Sécurité Ajit Doval.

Lloyd Austin « a loué le rôle de leader de l'Inde dans la région indo-pacifique et son engagement croissant avec des partenaires sur la même longueur d'ondes dans la région pour défendre des objectifs communs », a déclaré le porte-parole du Pentagone John Kirby.

Sans mentionner la Chine, Narendra Modi a tweeté que « l'Inde et les États-Unis sont engagés dans un partenariat stratégique qui est une force pour le bien de la planète ». Cette visite survient tout juste après les premiers entretiens glaciaux qui se sont tenus jeudi entre le secrétaire d'État américain Anthony Blinken et de hauts responsables chinois en Alaska.

Une relation renforcée depuis l'arrivée au pouvoir de Modi

Samedi, Lloyd Austin a rencontré le ministre de la Défense Rajnath Singh, qui a qualifié l'entretien de « détaillé et fructueux », assurant que la coopération militaire entre les deux pays serait « l'un des partenariats clés du XXIe siècle ». Pour sa part, le secrétaire d'État américain à la Défense a déclaré que « l'Inde est le pilier de notre approche dans la région », saluant les « valeurs partagées et les intérêts stratégiques convergents » des deux pays.

Washington compte bien sûr sur New Delhi pour l’aider à contenir l’expansion agressive de la Chine dans cette région stratégique de l’indo-pacifique, mais la nouvelle administration américaine compte le faire en coopération avec ses alliés, et plus de manière unilatérale, rapporte notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis.

Lloyd Austin n’a toutefois pas hésité à parler aux dirigeants indiens de la question des droits humains et de ceux des musulmans, mis à mal depuis six ans par le gouvernement nationaliste hindou. Et ceci marque un changement radical par rapport à l’administration de Donald Trump, qui n’avait d’yeux que pour les contrats d’armement et les échanges commerciaux

Les relations entre les États-Unis et l'Inde ont longtemps été épineuses, mais les craintes communes à l'égard de la Chine les ont rapprochés depuis l'arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014 et sous la présidence de Donald Trump.

(Avec AFP)