Ces visages qui veulent peser davantage à l'Assemblée Nationale

Ces députés qui veulent peser dans la nouvelle mandature. - montage BFMTV/Assemblée nationale
Ces députés qui veulent peser dans la nouvelle mandature. - montage BFMTV/Assemblée nationale

Nouvellement élu président de groupe, postulant à la commission des Finances... Ces figures de la nouvelle Assemblée nationale vont ou pourraient jouer des rôles prépondérants dans la nouvelle mandature à venir.

Elle n'a que quatre jours, mais la nouvelle Assemblée aux nuances de Nupes, de FN et à la majorité présidentielle relative, n'en finit pas de faire parler d'elle. Désormais, les présidents des neufs groupes parlementaires sont connus et un dixième groupe composé d'ultramarins, d'UDI et d'anciens de Libertés et territoires est en pleine construction.

Plus ou moins connues, ces figures de la récente Assemblée prennent depuis quelques jours la lumière. Députés réélus ou nouvellement élus, ils entendent donner de la voix dans la mandature qui s'ouvre.

Important: cette liste ne choisit pas l'exhaustivité. Des visages déjà très identifiés comme Sandrine Rousseau - présentée par les Verts pour briguer le poste symbolique de la vice-présidence de l'Assemblée nationale -, le socialiste Boris Vallaud -nouvellement élu à la tête du groupe socialiste-, l'Insoumise Mathilde Panot qui se maintient à la tête de LFI ou encore Éric Coquerel -député mélenchoniste réélu en Seine-Saint-Denis qui s'est dit "disponible" pour la commission des Finances-, n'y apparaissent notamment pas.

· Yaël Braun-Pivet

Passée par le Parti socialiste avant d'adhérer à En Marche, Yaël Braun-Pivet a été nommée aux Outre-Mer dans le nouveau gouvernement d'Élisabeth Borne en remplacement de Sébastien Lecornu. Ex-présidente de la commission des Lois au Palais Bourbon, elle a été réélue députée des Yvelines dimanche dernier.

Mercredi soir, elle l'emporte face au président sortant de la commission des Affaires économiques et député réélu des Français d’Amérique du Nord, Roland Lescure, pour être la candidate Renaissance (ex-LaREM) à la présidence de l'Assemblée. Si elle est élue au Perchoir, elle devra démissionner de son poste au gouvernement, un mois seulement après l'avoir investi. Sa nomination à la présidence du Palais-Bourbon a provoqué l'ire des élus ultra-marins qui ont lu dans sa candidature un désintérêt de la majorité pour les Outre-mer.

· Jean-Paul Mattei

Élu mercredi à la tête du groupe MoDEM, Jean-Paul Mattei occupait antérieurement le poste de vice-président du groupe. Le député réélu dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques face à la Nupes succède à Patrick Mignola, battu aux législatives. Ce notaire de profession a fait de la discrétion sa marque de fabrique. L'élu est dépeint comme "sage et roublard à la fois" au MoDem. Implanté dans le Béarn depuis toujours, il fait figure d'anti-Jean Lassalle dans l'hémicycle.

Cinq ans plus tôt, il avait été le suppléant du candidat François Bayrou, battu aux législatives. Centriste convaincu de l'importance du compromis, c'est un très proche de François Bayrou. Durant la mandature précédente, il a été membre de la commission des finances et s'est illustré dans nombre de commissions spéciales et missions d'information dédiées aux questions économiques et financières. Mais également dans un groupe d'études dédiés aux droits des grands fonds marins de l'Arctique et de l'Antarctique.

· Laurent Marcangeli

Désigné à l'unanimité par les 29 élus du mouvement Horizons, ce proche d'Édouard Philippe de 41 ans, avocat de formation, a pris la tête du parti philippiste à l'Assemblée. Natif de Corse, il a été élu plus jeune député de l'île à 31 ans sous la bannière de l'UMP en 2012, époque où il rencontre l'ex Premier ministre. Il a été réélu dimanche dernier dans la 1ère circonscription de Corse du Sud face à l'élu autonomiste, Romain Colonna.

Maire d'Ajaccio, il incarne une politique d'opposition de droite face aux nationalistes. Favorable à un référendum pour l'autonomie, il s'est illustré pendant les violences de mars-avril dernier en lançant à l'Assemblée de Corse: "Je ne suis pas nationaliste. Ai-je le droit? Des milliers de femmes et d'hommes se posent la question aujourd'hui", tandis qu'au dehors les manifestations de violence après l'agression mortelle d'Yvan Colonna à la prison d'Arles se multipliaient. Du fait de la règle du non-cumul des mandats en vigueur depuis 2017 il va devoir abandonner ses fonctions de maire de la capitale corse. "C'est notre devoir, à nous, députés Horizons de créer les conditions d’une grande coalition", a-t-il déclaré à l'issue de l'allocution élyséenne du chef de l'État mercredi.

· Olivier Marleix

Député depuis 10 ans de la deuxième circonscription d'Eure-et-Loire, à 51 ans il vient de prendre la tête des 61 députés LR à l'Assemblée face à Julien Dive, à 40 voix contre 20. Conservateur, il est apprécié d'Éric Ciotti qui reconnaît sa grande connaissance du fonctionnement de l'Assemblée. En 2021, il a soutenu Michel Barnier à la primaire des Républicains. En 2017, c'est Laurent Wauquiez qui pouvait s'assurer de sa fidélité lors de son élection à la tête du parti.

Ces derniers jours, il s'est déja illustré à la tête de son groupe en étant le premier président à tenir tête à Emmanuel Macron après son allocution. Les députés LR ne signeront "pas de chèque en blanc", "de surcroît sur un projet peu clair", a-t-il tweeté mercredi, annonçant que sa formation politique fera "des propositions claires sur le pouvoir d'achat la semaine prochaine". Plus tard donc que le délai de 48h demandé par le président aux partis pour éclaircir leur position. Plutôt dans l'aile droite des LR, il maintient une ligne tranchée et claire face à la la majorité relative de l'Assemblée: pas de coalition.

· Cyrielle Chatelain

L'iséroise Cyrielle Chatelain a été désignée aux côté de Julien Bayou à la tête des EELV à l’Assemblée nationale dans le cadre d'une co-présidence votée à l'unanimité jeudi lors d'une première réunion de groupe. "Sans doute que sur cette co-présidence, je suis presque aussi connue que Julien Bayou, mais pas encore", s'amusait-elle devant la presse à l'issue de cette désignation.

À la tête du "plus gros groupe écologiste de l'histoire" dans "une période particulière", selon ces mots, elle a déclaré à cette occasion que l'Assemblée nationale allait "pouvoir reprendre pleinement sa place dans notre démocratie". Toute nouvelle députée arrivée dans l'hémicycle pour cette mandature, cette militante EELV a gagné au deuxième tour des législatives dans la 2e circonscription de l'Isère sous la bannière de la Nupes face au député macroniste sortant, Jean-Charles Colas-Roy. Permettant ainsi à la gauche de récupérer un de ses bastions historiques.

· Jean-Philippe Tanguy

"Il n'y a pas un technicien mais plusieurs" au RN pour prendre la présidence de la commission des finances a affirmé Jordan Bardella sur notre antenne au lendemain des résultats des législatives, glissant alors le nom de Jean-Philippe Tanguy. Depuis la candidature de ce nouvel arrivé de 36 ans dans l'hémicycle -au sein du groupe de Marine Le Pen- a été confirmée par le président du RN. Jordan Bardella a vanté "un parcours dans les grandes entreprises", décrivant un candidat "intéressé par la gestion des finances publiques".

Diplômé de l'Essec et de Sciences Po Paris, le nouvel élu s'est dit très "honoré". Il a notamment collaboré auprès de la présidente de General Electric France, Clara Gaymard après avoir travaillé pour la marque d'électronique Hitachi au Japon. Il s'y est forgé une spécialisation dans les questions industrielles et énergétiques. Jeudi, il a appelé les autres groupes de l'Assemblée à "prendre leurs responsabilités" en favorisant sa candidature face à celle de la Nupes, laquelle se dispute avec le RN la place de première opposition.

· Manuel Bompard

Désigné digne successeur par Jean-Luc Mélenchon dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, il remporte le fief mélenchoniste haut la main avec près de 74% des voix. En 2017, il avait perdu la 9ᵉ circonscription de la Haute-Garonne face à la marcheuse Sandrine Mörche. Chef de la délégation insoumise au Parlement européen, l'eurodéputé a dirigé la campagne présidentielle de Mélenchon avant de devenir le négociateur en chef de l'union de la gauche en vue de ces législatives.

Pour l'instant officiellement candidat à aucune fonction clé de l'Assemblée, il est pressenti pour peser au sein de son groupe et dans l'hémicycle selon nos informations. La Nupes a d'ores et déjà annoncé qu'elle présenterait des candidatures communes aux postes clés, sans laisser fuiter de nom. Au lendemain de l'allocution d'Emmanuel Macron, cet ancien membre de l'équipe "événement" de la campagne 2012 du leader Insoumis a estimé que l'opération du chef de l'État était "une forme de crachat au visage du peuple français". Il a dénoncé un "ultimatum" donné à l'opposition.

· Valérie Rabault

Plus identifiée dans l'hémicycle du fait de sa présidence du groupe socialiste lors de la précédente Assemblée, la députée de 49 ans réélue dimanche dans le Tarn-et-Garonne avait affirmé à BFMTV en mai avoir refusé le poste de Première ministre. "Ils feront la retraite à 65 ans, c’est contraire à mes convictions", avait-elle ensuite expliqué au HuffPost.

Au lendemain des législatives, tandis que Jean-Luc Mélenchon avait lancé la proposition d'un groupe Nupes unique à l'Assemblée, elle est la première des trois autres partis de l'union de la gauche à exprimer son opposition nette et claire: "Vouloir supprimer cette diversité est une erreur", avait-elle déclaré. Actuellement l'ancienne secrétaire de la commission des Finances brigue toujours la présidence de la prestigieuse commission, au même titre que l'Insoumis Éric Coquerel tandis que la Nupes vient d'annoncer sa volonté d'une candidature unique pour éviter que le poste ne revienne au RN.

Article original publié sur BFMTV.com

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