"Mon visage, c’est mon outil de travail": vaccinée, une professeure suspendue pour avoir refusé de porter le masque en classe

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Anne-Claire Rossignol sur le plateau de BFMTV, le 16 novembre 2021  - BFMTV
Anne-Claire Rossignol sur le plateau de BFMTV, le 16 novembre 2021 - BFMTV

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"Je veux pouvoir enseigner Les Misérables avec des émotions." Professeure de français au collège Sonia Delaunay de Gouvieux dans l'Oise, Anne-Claire Rossignol a été suspendue à titre conservatoire par sa hiérarchie car, depuis le 8 novembre, l'enseignante refuse de porter le masque en classe, alors que celui-ci est même redevenu obligatoire en primaire. Invitée ce mardi sur le plateau de BFMTV, l'enseignante explique les raisons de son geste, qui tiennent plus de la volonté d'améliorer ses cours que d'une volonté politique.

"Je suis vaccinée, je n’ai jamais enlevé mon masque avant le 8 novembre et je ne remets pas en cause la globalité, ni même le protocole sanitaire", explique-t-elle, dans un premier temps. 876450610001_6282219639001

Pour elle, le principal message de son action est "qu’enseigner en masque, c’est un enseignement dégradé."

"Mon visage, c’est mon outil de travail. Les enfants perçoivent cette situation, des professeurs masqués depuis maintenant un an, et je souhaitais porter ce message", explique-t-elle.

"Le métier d’enseignant est un métier de communication. Il y a des émotions qui passent qui sont très importantes, on doit pouvoir toucher les élèves quand on enseigne et je le redis, les émotions aident à l’apprentissage. Quand on a des enseignants masqués toute la journée, que je pourrais qualifier de zombies avec tous les mêmes masques bleus, l’enfant se met en veille, il faut qu’il se passe quelque chose dans la classe", ajoute encore Anne-Claire Rossignol.

Pétition pour l'Assemblée nationale

Après avoir rappelé que son action était "une décision mûrement réfléchie, je savais que ça me mènerait à la suspension", la professeure a tenu à rendre hommage à son principal "qui a proposé à son échelle des solutions, puis a contacté sa hiérarchie." Comme l'explique Le Parisien, elle a d'ailleurs été reçue ce lundi après-midi au rectorat, une rencontre qu'elle qualifie de "cordiale" mais qui n'a pas "apporté de solutions aux demandes."

Anne-Claire Rossignol peut également compter sur le soutien de ses collègues. "Nous travaillons ensemble à une pétition pour l'Assemblée nationale", assure-t-elle, tandis que les parents d'élèves ont également relayé le combat de l'enseignante.

"C'est assez incroyable pour moi, je me suis rendu compte que les réseaux sociaux pouvaient fonctionner", dit-elle.

"C’est une prof très théâtrale, c’est aussi pour cela qu’elle est si compétente. Je ne connais aucun élève qui ne l’apprécie pas et elle a un super contact avec les parents. J’espère qu’on va nous la rendre bientôt, beaucoup de parents en ont également assez que leurs enfants soient masqués en cours", conclut une mère de famille, interrogée par le quotidien francilien.

Article original publié sur BFMTV.com

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