Visa pour l'image : la guerre en Ukraine au cœur du festival de photojournalisme

Ils sont devenus les premiers témoins des crimes de guerre commis en Ukraine et leur travail sert aujourd'hui de base aux enquêteurs mandatés par la communauté internationale. Le festival Visa pour l'image de Perpignan rend cette année hommage aux reporters qui ont couvert le conflit.

Parmi les millions d'images qui racontent le monde, il y a celles qui marquent l'Histoire. Des photos qui racontent la mort de Kirill, âgé de seulement 18 mois, ou le visage de Marianna, devenue le symbole de la tragédie ukrainienne.

Evgeniy Maloletka et Mstyslav Chernov en sont les auteurs. Pendant vingt jours, ils seront les seuls journalistes à pouvoir témoigner des crimes commis durant le siège de Marioupol. Le festival Visa pour l'image a choisi d'exposer leurs photos, qui ont failli leur coûter la vie.

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Guerre de la communication

"On a été attaqués juste après le bombardement de la maternité quand les photos ont été publiées. Ils connaissaient nos noms et visages, on a dû passer 15 checkpoints russes pour sortir de Marioupol vers Zaporijjia, c'était vraiment stressant", raconte Evgeniy Maloletka, reporter photographe pour Associated Press (AP).

Documenter les crimes de guerre en Ukraine, c'est s'exposer aux foudres du Kremlin. Daniel Merehulak est un des premiers à photographier les corps anonymes torturés et abandonnés à Boutcha.

Le photographe du New York Times ne s'attendait pas à ce que son témoignage soit, lui aussi, contesté et manipulé par la propagande russe. "Tout est vrai, un reporter hongrois m'a appelé pour me demander si ce qui se passait à Boutcha était bien la vérité... Jamais je n'aurais pu imaginer que les événements dont on a été témoins tous les jours pouvaient à ce point être remis en cause".

À leur retour d'Ukraine, du Burundi ou d'Afghanistan, ces photographes reporters plongent malgré eux dans un autre genre de guerre, celle de la communication. Mais dans celle-ci, le festival Visa pour l'image poursuit un seul et même objectif : les soutenir.