Visé par une plainte et des accusations, Damien Abad peut-il rester ministre?

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Damien Abad - AFP
Damien Abad - AFP

Un ministre "en sursis". Damien Abad a manifesté lundi sa volonté d'aider le gouvernement à trouver sa majorité à l'Assemblée. Lors d'un micro-tendu, il a ainsi déclaré aux médias: "Comptez sur moi pour être dans l'action".

Mais alors qu'une nouvelle plainte pour tentative de viol, pour des faits non prescrits cette fois, vient de tomber, le "cas Abad" augure des lendemains compliqués.

"Il est en sursis parce qu'on ne sait pas jusqu’où ça peut aller, en terme de réputation et d’entrave à l’action d’un gouvernement", analyse Anne Saurat-Dubois, du service politique de BFMTV.

"C'est trop dangereux d'avoir ce ministre"

Damien Abad n'a pas attendu les législatives et sa réélection dans l'Ain pour être une épine dans la chaussure de l'exécutif. Après avoir provoqué en mai un rétropédalage de Matignon qui a entaché les premiers jours du gouvernement, le ministre a eu un échange direct avec Élisabeth Borne. Cette dernière avait ensuite déclaré à la presse lors d'un déplacement de campagne dans le Calvados:

"Je ne peux pas me prononcer sur la base de témoignages anonymes (...) Il ne faut pas hésiter à aller porter plainte".

À ce jour, le député est accusé de viol par deux femmes - l'une d'elle a porté plainte à deux reprises, ces deux plaintes ont été classées sans suite - et est visé par une plainte pour tentative de viol. Cette dernière vient d'être déposée par une élue centriste qui avait témoigné il y a deux semaines auprès de Mediapart.

D'après nos informations, certains membres de la majorité craignent de plus en plus les troubles causés par le transfuge LR. Et ce malgré sa défense tenace et son annonce de déposer plainte pour dénonciation calmonieuse.

"C’est un problème d’avoir un ministre visé par plusieurs plaintes", confient certains marcheurs qui le jugent "trop dangereux".

"Politiquement, il ne rapporte plus rien", commente auprès de Politico une conseillère de la majorité. Certains Républicains ont également pointé "des problèmes de comportement".

"Ministre très affaibli"

Les soutiens qui pourraient manquer à Damien Abad dans la traversée de cette crise ne constituent pas le seul obstacle à l'exercice de ses nouvelles fonctions. Le ministre manque également cruellement de visibilité. Ses interventions médiatiques se comptent sur les doigts d'une main, chaque communication sur son action pouvant être entravée par des questions portant sur ces accusations.

"Ça en fait un ministre très affaibli", conclut Anne Saurat-Dubois.

Dans l'opposition, certains ont déjà annoncé qu'ils ne laisseraient pas de répit au ministre-député au sein de l'hémicycle.

"On va faire tellement de bruit que ça va être un cauchemar pour lui", prévenait Sandrine Rousseau au soir du second tour des législatives.

Le 22 mai, la Première ministre Élisabeth Borne déclarait: "S'il y a de nouveaux éléments, si la justice est à nouveau saisie, on tirera toutes les conséquences de cette décision". Pour le moment toutefois, la jurisprudence tacite de l'Élysée ne scelle pas le sort du locataire de l'avenue Duquesne. Tant qu'il n'y a pas de condamnation de la justice, sa place pourrait être maintenue.

Article original publié sur BFMTV.com

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