Viols et agressions sexuelles à Sciences Po: pour Frédérique Vidal, "les établissements prennent leur part"

Hugo Septier
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Sciences Po est pointée du doigt pour des irrégularités dans sa gestion. - -
Sciences Po est pointée du doigt pour des irrégularités dans sa gestion. - -

Depuis maintenant plusieurs jours, les témoignages d'étudiantes de Sciences Po se multiplient sur les réseaux sociaux via le hashtag #SciencesPorcs afin de dénoncer des agressions sexuelles ou des viols subis pendant leur scolarité. Une enquête préliminaire a été ouverte mardi après la plainte pour viol d'une étudiante de l'IEP de Toulouse.

"Conscients et préoccupés de ces situations"

Ce mercredi, la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, Frédérique Vidal, a réagi à ces affaires sur le plateau de BFMTV, à l'issue d'une réunion à laquelle participaient les directeurs des différents IEP de France ainsi qu'Élisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances.

"Ils sont préoccupés par ce qui se lit, d’autant plus que tous ont mis en place des cellules d’écoute. [...] Les violences sexistes sont présentes dans la société, c’est bien que la parole se libère et le fait que les étudiants puissent dire quand ils sont victimes, c’est très important. Les établissements, même si les faits se déroulent lors de soirées, des voyages, prennent leur part et souhaitent accompagner leurs étudiants", a-t-elle expliqué.

Interpellée par Anna Toumazoff, ancienne élève de Sciences po et créatrice du hashtag, la ministre a également dû répondre du manque de soutien affiché aux élèves dans certains établissements.

"Ce que je peux garantir, c’est que les directeurs sont à la fois conscients et préoccupés de ces situations, ils souhaitent vraiment accompagner cette parole, pour aller en justice et ne pas laisser (ces actes) impunis. Ils sont aussi meurtris, car leurs écoles sont mises en accusation de manière violente. Nous allons accompagner et aider, il y a des cellules d’écoute depuis 2015", a ajouté Frédérique Vidal.

Toujours à notre antenne, Yves Deloye, directeur de l'IEP de Bordeaux, assure que les chefs d'établissements n'ont pas minimisé les agressions.

"Ce que l’on observe c’est que des témoignages n’arrivent pas aux cellules de veille, c’est un problème. Je dois être clair, il y a pas mal d’approximations dans la façon dont le sujet est traité. Le souci que nous avons c’est que de nombreuses victimes qui pour des raisons très complexes ne portent pas à notre connaissance ces informations. Nous ne pouvons pas traiter l’information sauf à identifier ceux qui ont des accidents de parcours, questionner la personne et voir si c’est lié à une difficulté", assure-t-il.

Article original publié sur BFMTV.com