Violences sexuelles: enquête préliminaire ouverte après les aveux du cardinal Ricard

La justice a ouvert une enquête préliminaire après les aveux du cardinal Ricard, qui a reconnu lundi avoir eu un comportement "répréhensible" envers une adolescente il y a 35 ans à Marseille, a annoncé le parquet mardi à l'AFP.

"Une enquête préliminaire a été engagée pour vérifier les éléments de cette +révélation+", a indiqué la procureure de la République de Marseille, Dominique Laurens, en précisant qu'"aucune plainte" n'a pour l'instant été déposée.

Jean-Pierre Ricard, ex-évêque de Bordeaux en retraite depuis 2019 dans un presbytère des Alpes-de-Haute-Provence, a provoqué un nouveau séisme dans l'Eglise avec ses déclarations.

"Il y a 35 ans, alors que j'étais curé, je me suis conduit de façon répréhensible avec une jeune fille de 14 ans. Mon comportement a nécessairement causé chez cette personne des conséquences graves et durables", a écrit le cardinal, aujourd'hui âgé de 78 ans, sans donner plus de détail sur les faits dont il s'incrimine alors qu'il était en poste à Marseille.

Les faits sont vraisemblablement prescrits mais la justice a quand même ouvert une enquête préliminaire, premier stade d’une enquête pénale destinée à éclairer le ministère public sur le bien fondé d'une éventuelle poursuite.

Elle devra établir la commission ou la tentative de commission d'une infraction pénale. Elle pourra aboutir à l'ouverture d'une information judiciaire et à la nomination d'un juge d'instruction si des faits sont avérés et non-prescrits, ou à un classement sans suite dans le cas contraire.

En l'espèce cette enquête devra notamment déterminer s'il y a d'autres éventuelles victimes du cardinal.

Dès lundi le diocèse de Marseille avait publié un communiqué rappelant "que toute personne, témoin ou victime d'abus ou de comportements inappropriés, émanant d’un membre du clergé ou d'un agent pastoral, peut être entendue par la cellule diocésaine d'écoute".

Il avait précisé que les faits rapportés était également "sous instruction" du côté de l'Eglise, tout en soulignant la  "peine et douleur" qu'ils soulevaient.

Le cardinal Ricard "se met à la disposition de la justice et de l'Eglise. Il veut faire la vérité, il ne se dérobera pas. Pour le moment la victime n'a pas porté plainte", a indiqué de son côté mardi Christophe Disdier-Chave, administrateur diocésain de Digne, où le prélat est en retraite.

san-pr/ol/vk