Violences sexuelles : 6200 victimes se sont déjà manifestées auprès de la Commission inceste

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Les premières analyses des témoignages reçus révèlent qu’une victime sur trois a déjà fait une tentative de suicide.

C’est dans le sillon de l’onde de choc provoquée par les révélations de Camille Kouchner dans son livre La familia grande que la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a vu le jour. Installée en mars 2021, la Ciivise a révélé lors d’un point d’étape ce mercredi que 6200 victimes de violences sexuelles dans l'enfance s'étaient manifestées depuis le lancement d'un appel à témoignages le 21 septembre. 

3800 questionnaires analysés

Dans le détail, 1200 appels ont été reçus par les écoutantes spécialisées de la plate-forme téléphonique (0805 802 804 pour la métropole et 0800 100 811 depuis l'outre-mer), 1200 mails et courriers et 3800 questionnaires ont été remplis sur son site, outil pour connaître le contexte des agressions. 13% des victimes sont en situation de handicap.

Selon l'analyse de ces 3800 questionnaires, huit sur 10 ont été victimes au sein de la famille, neuf sur 10 sont des femmes, et une personne sur trois rapporte avoir déjà fait une tentative de suicide, indique la Ciivise dans ce bilan publié à quelques jours de la journée mondiale des droits de l'enfant. Ces violences sexuelles ont un impact négatif sur la santé psychologique des victimes dans 90% des cas.

À la suite de ces violences sexuelles, une femme sur trois déclare des problèmes gynécologiques. Une sur trois déclare n'avoir aucune vie sexuelle. Près d'un homme sur deux déclare avoir une sexualité compulsive (hypersexualité), mais cela concerne moins d'une femme sur trois.

Si les victimes qui témoignent aujourd'hui ont 44 ans en moyenne, 90% d'entre elles en avaient déjà parlé. Parmi les autres, une sur deux ne l'a pas fait par honte, culpabilité, peur des réactions de l'entourage, etc.

"5,5 millions de personnes adultes dans notre pays ont été victimes de violences sexuelles dans leur enfance", résume Édouard Durand, juge et coprésident de la Commission.

Une vulnérabilité à la violence

Sept victimes sur 10 qui ont parlé des violences l'ont fait plus de 10 ans après les faits. Et pour quatre sur 10 de celles qui ont parlé, le confident n'a rien fait. Toutes considèrent que la société ne protège pas assez les enfants.

Les témoignages confirment une vulnérabilité à la violence: six femmes sur 10 et près de quatre hommes sur 10 ont subi d'autres types de violences au cours de leur vie, dans le couple, au travail, dans l'espace public, au cours de leurs études.  

"En réalité, les enfants ont toujours parlé des violences qu'ils subissaient mais ils n'étaient pas écoutés, respectés. Ce qui change, c'est que les victimes se découvrent nombreuses et solidaires et que la société prend conscience de sa responsabilité", a déclaré le juge Édouard Durand, qui copréside la Commission.

Article original publié sur BFMTV.com

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