Violences sexuelles : des étudiants de Sciences Po dénoncent des viols et harcèlements

Depuis quelques jours, Sciences Po est dans la tourmente. Les témoignages de viols et agressions sexuelles se multiplient. Sous le hashtag #Sciencesporcs, des étudiants ou anciens étudiants racontent leurs histoires douloureuses et l'omerta qui régnerait dans l'établissement. Devant Sciences Po Paris, mercredi 10 février, les étudiants dénonçaient un climat parfois délétère dans les soirées d'intégration. Démission du directeur de Sciences Po Paris "C'est dans des comportements un peu banalisés et quotidiens, dans des mots, des gestes... Une définition du consentement qui est très floue un peu pour tout le monde", confie une étudiante. La militante féministe Anna Toumazoff a lancé un appel aux victimes de IEP (Instituts d'études politiques). Depuis dimanche 7 février, elle a reçu des centaines de témoignages. "Ce qui est assez glaçant, c'est qu'il y en avait des dizaines par IEP", explique-t-elle, pointant du doigt "l'impunité pour les violeurs qui ne sont jamais sanctionnés". Une enquête préliminaire a été ouverte pour un viol qui aurait été commis à Sciences Po Toulouse (Haute-Garonne). Ces affaires interviennent dans un contexte particulier : mardi 9 février, le directeur de Sciences Po Paris, Frédéric Mion, a démissionné sous la pression, car depuis 2019, il était au courant des accusations d'inceste portées contre Olivier Duhamel, un de ses professeurs, mais n'a jamais rien dit.