Violences sexuelles à CentraleSupélec: pour le directeur, l'enquête montre que "la parole n'est pas libérée"

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Romain Soubeyran, directeur de l'école d'ingénieur CentraleSupélec. - BFMTV
Romain Soubeyran, directeur de l'école d'ingénieur CentraleSupélec. - BFMTV

"On a été tous choqués quand on a découvert ces résultats." Le directeur de CentraleSupélec a fait part de sa stupéfaction ce vendredi matin sur BFMTV après la publication des résultats d'une enquête interne révélant de multiples cas de harcèlement sexuel, d'agressions sexuelles et de viols au sein de la prestigieuse institution.

"On ne s’attendait pas à une telle ampleur et une telle gravité des faits", explique Romain Soubeyran, le directeur de CentraleSupélec.

Cette enquête par mail et anonyme, menée auprès de 2386 élèves, s'inscrit dans une politique lancée par la direction depuis deux ans qui "a pris un ensemble de mesures pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes", avec entre autre la création d'une cellule constituée de deux psychologues ou la nomination d'une référente égalité femme-homme.

"La parole n'est pas libérée"

659 élèves ont répondu à l'enquête. 51 femmes et 23 hommes disent avoir été victimes de harcèlement sexuel. 46 femmes et 25 hommes disent avoir subi une agression sexuelle et 20 femmes et 8 hommes un viol. Aucun signalement pour dénoncer des faits de violences sexuelles n'a été remonté à la direction.

"Cette enquête montre que la parole n’est pas libérée", estime Romain Soubeyran.

Dans 9 cas sur 10, les agresseurs étaient d'autres élèves et les faits se sont produits dans le cadre associatif ou dans la résidence étudiante à Gif-sur-Yvette. "L'alcool est certainement un facteur aggravant", indique le directeur de l'institution, qui assure que la consommation "est très bien contrôlée dans les très grosses soirées organisées par l'école, les élèves, les associations".

Une enquête ouverte

Toutefois, le directeur fait valoir "une quantité de soirées privées" dans les chambres de la résidence universitaire dans lesquelles l'école ne peut intervenir. "Ces soirées, vous ne pouvez pas les interdire, rappelle Romain Soubeyran. Vous ne pouvez pas réglementer ni la consommation d'alcool, ni l'organisation de soirées privées. Les élèves sont dans leur chambre comme ils seraient dans une chambre en ville. On pourrait interdire les grosses soirées mais ça serait contre-productif puisque ça favoriserait les soirées privées."

Les résultats de cette enquête ont été transmis au procureur de la République d'Evry. Une enquête préliminaire pour harcèlement sexuel, agressions sexuelles et viols a été ouverte et confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Palaiseau. Dans un premier temps, les enquêteurs vont s'attacher à identifier les victimes qui ont répondu anonymement au questionnaire.

Article original publié sur BFMTV.com

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