Violences policières: les policiers sont-ils contrôlés ou protégés par l'IGPN?

Vincent Brengarth
Des manifestants brandissent une pancarte caricaturant ce qu'ils considèrent comme la partialité de l'IGPN dans le traitement des violences policières, lors d'une manifestation dénonçant le racisme, les violences policières et le meurtre de George Floyd et Adama Traoré, à Marseille, le 6 juin 2020.

Il y a un an, présentant le rapport d’activité 2018 de l’IGPN, sa directrice, Brigitte Jullien, réfutait totalement le terme de “violences policières” à l’encontre des gilets jaunes. De telles déclarations concourent indiscutablement à discréditer cette institution au moment même où les justiciables attendent des gages face aux brutalités de ceux qui sont censés nous protéger et être les “représentants de la loi”. Alors que, dans son rapport annuel 2019, le Défenseur des droits dénonce une “crise de confiance et une augmentation des violences” de la part des forces de l’ordre, il est temps d’agir. La remise en cause de l’IGPN, dont l’absence d’indépendance alimente le sentiment d’impunité des policiers, s’impose. Des sources d’inspiration existent, comme le Comité permanent de contrôle des services de police en Belgique, contrôlé par la Chambre des représentants, qui nomme ses membres.

Rappelons que, selon le décret n° 2013-784 du 28 août 2013, l’IGPN exerce une mission générale d’inspection, de contrôle, d’audit et d’étude des entités affectées à l’ordre public; elle assure la coordination et le suivi de l’activité de contrôle des directions et services de la direction générale de la police nationale et de la préfecture de police; elle contrôle le suivi de la mise en œuvre des sanctions prononcées par l’autorité ayant pouvoir disciplinaire. Elle diligente également des enquêtes judiciaires, de sa propre initiative ou sur instruction de l’autorité judiciaire.

 

L’IGPN ne peut être que difficilement impartiale, voire pas du tout: ce sont des policiers qui contrôlent d’autres membres des forces de l’ordre, donc des collègues.

 

L’IGPN, de par son concept et sa composition, ne peut être que difficilement impartiale, voire pas du tout, en raison du fait que ce sont des policiers qui contrôlent d’autres membres des forces de l’ordre, donc des collègues. De plus, l’indépendance de cette inspection, qui relève hiérarchiquement de la Direction générale de la police...

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