"Violences policières", l'expression toujours tabou pour l'exécutif

Lucie Hennequin

POLITIQUE - “Je ne peux pas accepter qu’on puisse dire qu’il y a une violence d’État, policière, qui serait organisée, a soutenu Sibeth Ndiaye jeudi 16 janvier sur France Inter, comme s’il y avait une attitude, de la part des forces de l’ordre, d’aller tabasser systématiquement des manifestants.” La porte-parole se refuse à employer l’expression “violences policières”. Ce qui semble être une constante au sein de l’exécutif.

Alors qu’une nouvelle journée de mobilisation a lieu ce jeudi 16 janvier contre la réforme des retraites, plusieurs images captées lors des récentes manifestations ont donné lieu à l’ouverture d’enquêtes judiciaires. Et provoqué une nouvelle vague d’accusations contre les violences policières, un terme réfuté depuis plus d’un an par l’exécutif et le début de la contestation des “gilets jaunes”. 

Si le gouvernement semble prendre conscience du problème, il fait bien attention dans son discours à utiliser d’autres mots pour qualifier ces violences, comme vous pouvez l’entendre dans la vidéo en tête d’article. “Je ne parle pas de violences policières, a ainsi défendu Gabriel Attal, ce lundi sur RMC et BFMTV. Il y a des dérives, qui sont inacceptables.”

“Usage disproportionné de la force”

Même évitement au sommet de l’exécutif. Le 12 janvier, Édouard Philippe, tout en affichant sa “solidarité” et sa “confiance” aux forces de l’ordre, a lui aussi rappelé que lorsqu’il est “fait un usage disproportionné (de la force), alors il doit y avoir enquête, et sanction le cas échéant.” Emmanuel Macron aussi a fait évoluer son discours. “Il y a eu des images, des affaires dans lesquelles je ne peux pas me prononcer, elles sont devant la justice, a commenté le chef de l’État. Des comportements qui ne sont pas acceptables ont été vus ou pointés”, a-t-il admis le 14 janvier en marge d’un déplacement à Pau.

Deux jours après avoir déjà rappelé les forces de l’ordre à leur professionnalisme et à leur déontologie, devant un panel de citoyens, Christophe Castaner a...

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