Violences en marge de l'élection présidentielle au Sri Lanka

Ce samedi 16 novembre dans la matinée, un convoi de bus transportant des électeurs musulmans a été attaqué à coup de pierres et d’armes à feu, dans le nord-ouest du Sri Lanka. Aucune victime grave à déplorer pour l’instant, mais cela pourrait avoir un impact sur la participation dans cette partie du pays.

Avec notre correspondant régional, Sébastien Farcis

Les assaillants ont barré une route du nord-ouest de l’île, avec des pneus enflammés et des barrières improvisées. Ceci afin de ralentir ce convoi, composé de plusieurs bus affrétés pour transporter des électeurs musulmans. Ils ont ensuite caillassé et tiré des balles dans les vitres d’au moins deux des véhicules, avant de s’enfuir. Aucune personne n’ont été gravement blessée et les électeurs ont pu se rendre au bureau de vote.

On ne sait pas encore qui est derrière cette attaque, mais les regards se tournent vers le camp de Gotabhaya Rajapakse, candidat favori de cette présidentielle. Ses partisans ont déjà cherché à intimider les électeurs musulmans et tamouls, qui pourraient voter pour son opposant.

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À la fin de la guerre civile contre les Tigres tamouls, quand son frère Mahinda Rajapakse était président, beaucoup de Tamouls, suspectés d’aider la rébellion, ont été arrêtés de manière arbitraire par l’armée. Beaucoup ont donc peur du retour de ce clan réputé pour sa politique autoritaire. Et les musulmans, eux, craignent que les Rajapakse soutiennent les extrémistes bouddhistes qui saccagent régulièrement des commerces musulmans depuis un an.

Les élections ont lieu dans un climat déjà assez anxiogène. Quelques mois après les attentats qui ont tués 290 personnes et blessés 500 autres à Columbo, le discours s'est fait sur la sécurité ce qui a favorisé le candidat du clan Rajapakse.