Violences aux femmes : Trifonia Melibea Obono témoigne avec « La Bâtarde »

Par Valérie Marin La Meslée
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La vie littéraire est heureusement faite de découvertes ! En voici une venue de Guinée équatoriale, un très court roman ou longue nouvelle, que publient les bien nommées éditions Passage(s). On est d'abord attiré par son titre La Bâtarde, rappelant celui du célèbre roman de Violette Leduc, qui rata de peu le Goncourt en 1964, à sa sortie chez Gallimard. Un des membres avait argué qu'on « ne peut pas mettre ce livre sulfureux sur la cheminée d'une famille ». Violette Leduc répondit plus tard : « Je n'écris pas pour les cheminées, ni au fond pour les familles qui ont de belles cheminées. »

Du temps a passé, mais le roman de Trifonia Melibea Obono, le deuxième de cette journaliste, politologue, enseignante et chercheuse née en 1982 en Guinée équatoriale, doit bousculer bien des façons de penser si l'on en juge par le contraste entre la soif de liberté de son héroïne et l'étau pour les femmes que représente la société fang dans laquelle elle la fait évoluer. Et si la qualité littéraire n'est en rien comparable avec l'immense styliste qu'admirait Beauvoir, ce livre partage au moins deux thèmes avec celui de son aînée, la bâtardise, certes, mais aussi l'homosexualité. Okomo (qui signifie « orpheline de mère ») est élevée par ses grands-parents, n'a pas connu sa mère, morte en la mettant au monde, et ne connaît pas davantage son père.

À la recherche du père

Tout l'enjeu de départ est justement la quête de l'adolescente qui réclame au moins de savoir le nom de son pè [...] Lire la suite