Violences faites aux femmes: les syndicats demandent à Borne de nouvelles mesures

Violences faites aux femmes: les syndicats demandent à Borne de nouvelles mesures
La Première ministre Elisabeth Borne à la sortie du Conseil des ministres, le 19 octobre 2022 à l'Elysée, à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP
La Première ministre Elisabeth Borne à la sortie du Conseil des ministres, le 19 octobre 2022 à l'Elysée, à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

À quelques jours de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, les syndicats ont interpellé jeudi Élisabeth Borne "sur la nécessité d'avancer concrètement" par un bilan des mesures en place et de nouvelles propositions comme un baromètre sur le ressenti des travailleurs.

Dans un courrier commun à la Première ministre, la CGT, FO, la CFTC, la FSU, Solidaires, la CFDT, l'UNSA et la CFE-CGC rappellent qu'en 2018 ont été mis en place "des référent(e)s harcèlement sexuel et agissements sexistes, une obligation de négociation sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans les branches".

"Nous accompagnons de plus en plus de victimes de violences sexistes et sexuelles, même si nous avons toujours bien sûr à progresser", disent-elles.

Mais "cinq ans après #metoo, nous constatons que la majorité des situations restent toujours aussi difficiles à régler". Car "au lieu de suspendre, puis de sanctionner le salarié mis en cause, on continue souvent de déplacer, discréditer, voire placardiser ou licencier la victime", déplorent-elles.

Un manque de financement

"Les politiques de prévention sont encore souvent inexistantes ou insuffisantes dans la majorité des entreprises, administrations, collectivités et établissements publics. Il y a rarement des dispositifs formalisés de signalement et d'enquête, associant les représentant(e)s du personnel", regrettent-elles.

Dans la fonction publique, "la mise en place des cellules d'écoute est un premier pas, mais le manque de financement et de personnels dédiés a pour conséquence qu'elles ne sont pas assez opérationnelles", jugent-elles.

Mis en place "sans moyens dédiés ni prérogatives clairement définies", les référent(e)s VSS du privé ou de la fonction publique "cumulent cette charge avec celle d'élu(e) au CSE ou au comité social et ne disposent pas de crédits d'heures de formation spécifique", selon les signataires de la lettre, publiée quelques jours avant la Journée internationale contre les violences faites aux femmes le 25 novembre.

Les syndicats réclament "une table ronde multilatérale pour réaliser un bilan et identifier les nouvelles dispositions à adopter". "Nous souhaitons que soit construit, par exemple par le Haut Conseil à l'Égalité, un baromètre annuel pour évaluer le ressenti des salarié(e)s et des agent(e)s sur les violences sexistes et sexuelles au travail", suggèrent-elles.

Article original publié sur BFMTV.com