Violences faites aux femmes : le Haut Conseil à l'égalité demande "l'intransigeance" vis-à-vis des politiques

Adrien Quatennens à l'Assemblée nationale en 2019. - DOMINIQUE FAGET / AFP
Adrien Quatennens à l'Assemblée nationale en 2019. - DOMINIQUE FAGET / AFP

L'enquête pour violences conjugales visant Adrien Quatennens continue d'animer le débat. Et le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE) de trancher ce jeudi: la sphère politique doit se montrer "intransigeante" vis-à-vis de ses responsables mis en cause pour des violences sexistes ou sexuelles, dans un devoir d'"exemplarité".

"Les personnes mises en cause pour violences n'ont pas leur place au sein des institutions représentant la société", a affirmé dans un communiqué cette instance consultative indépendante, rattachée à Matignon.


Cette prise de position survient alors que La France insoumise est engluée dans une polémique pour sa réaction face à la mise en cause de son député du Nord. L'élu LFI, qui a reconnu des violences envers son épouse, est sous le coup d'une enquête, à la suite d'une main courante.

Chez EELV, la pression monte également contre Julien Bayou, accusé de "violences morales" sur son ex-compagne. Si l'élu écolo s'est mis en retrait du groupe qu'il co-président au Palais Bourbon, plusieurs membres du bureau exécutif EELV exigent qu'il quitte ses fonctions de secrétaire général du parti.

"Mandater une instance indépendante"

Sans mentionner explicitement les cas Quatennes et Bayou, le HCE estime que "les politiques, qui exercent le pouvoir, doivent être particulièrement exemplaires", et "appelle les institutions et partis politiques à l'intransigeance" en matière de violences sexistes et sexuelles.

Le HCE suggère également de "mandater une instance indépendante", comme la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), pour contrôler la situation des personnalités politiques "au prisme de (ces) violences", et ceci "avant le début de leur mandat".
Les élus condamnés pour violences devraient être systématiquement frappés d'une "peine complémentaire d'inéligibilité", et les partis et institutions politiques devraient se doter de "réseaux de référents anti-violences et de cellules de vigilance", ajoute l'instance consultative.

Les partis de gauche et LREM disposent déjà d'un organe spécialisé sur le sujet, chacun avec un mode de fonctionnement différent. À droite comme à l'extrême droite, rien n'est actuellement prévu pour considérer la parole de victimes dénonçant en interne des faits de violences sexuelles.

Angle mort des violences faites aux femmes

De son côté l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique, association militante féministe, a estimé nécessaire "la mise en place d'un traitement des signalements clair et externe aux partis, articulé avec le système judiciaire".
Si des scandales financiers comme l'affaire Cahuzac ont poussé les pouvoirs publics à agir pour la moralisation de la vie publique, en revanche "aucune réforme sérieuse n'a été envisagée" pour répondre au fléau des violences contre les femmes, a déploré cette association dans un communiqué publié sur Twitter. L'Observatoire appelle le gouvernement et la présidente de l'Assemblée nationale à "engager une réflexion au plus haut niveau sur la formation de l'ensemble du personnel politique à ces questions".

Article original publié sur BFMTV.com