"Les violences conjugales subies par des femmes de policiers et de gendarmes sont un angle mort"

Leur conjoint connaît parfaitement la loi mais les femmes de flics ne sont pas forcément à l'abri pour autant. Avec "Silence, on cogne", paru aux éditions Grasset le 20 novembre, Sophie Boutboul braque le sujet des violences conjugales sur les épouses de policiers et de gendarmes. Co-écrit avec Alizé Bernard, elle-même victime de violences de la part de son ex-compagnon gendarme, la journaliste montre en quoi cette catégorie de victimes est spécifique, encore plus isolées, plus effrayées que les autres. Entretien.

Marianne : Qu’est ce qui vous a amenée à réaliser cette enquête ?

Sophie Boutboul : J’ai été sensibilisée aux violences conjugales subies par des femmes de policiers ou gendarmes en 2017, alors que je réalisais un article au sujet des plaintes bâclées ou rejetées dans les commissariats. Dans ce cadre, j’ai rencontré une psychologue de l’hôpital Robert Ballanger, en Seine-Saint-Denis, qui m’a alertée sur le cas d’une femme de policier admise en psychiatrie sur les dires de son conjoint. En réalité, elle n’avait aucun problème psychiatrique mais était couverte de traces de coups. Bien qu’il soit déjà très complexe pour les victimes de violences conjugales de trouver le courage d’aller porter plainte, la psychologue m'a expliqué que pour les conjointes de policiers ou gendarmes, c’est encore plus compliqué… Ensuite, tous les professionnels contactés m’ont confirmé que ce cas n’était pas isolé.

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