Les violences conjugales en hausse de 10% l'an dernier

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125 victimes ont été tuées par leur conjoint en 2020. Un chiffre en baisse par rapport à 2019 qui cache une autre réalité. Celle de l'augmentation de 10% du nombre de plaintes pour violences conjugales.

125 victimes sont mortes sous les coups de leur conjoint en 2020. Le service statistique du ministère de l'Intérieur vient de publier ce lundi les chiffres des violences conjugales enregistrées par les forces de sécurité. Ce chiffre des homicides par conjoint a baissé par rapport à 2019, où il s'élevait à 173.

Les femmes sont majoritairement victimes de ces violences conjugales. 102 ont perdu la vie en 2020 sous les coups de leur conjoint. En 2019, 146 femmes avaient été tuées par leur compagnon. 23 hommes figurent parmi les victimes. Dans un tiers des cas, ces coups mortels sont donnés sous l'effet de l'alcool. 

Le confinement en cause

Ce chiffre encourageant cache une autre réalité: celle de l'augmentation de 10% des plaintes enregistrées par les forces de sécurité pour violences conjugales. En 2020, il y a eu 159.400 victimes, pour la plus grande majorité des femmes. Les deux périodes de confinement ont en effet vu exploser le nombre de violences conjugales.

Lors du premier confinement, le nombre d'appels à la plateforme de signalement en ligne des violences sexuelles et sexistes arretonslesviolences.gouv.fr avait augmenté de 40%. Il avait augmenté de 60% lors de la deuxième période de confinement. Le chiffre pour l'année 202

Des consignes données aux préfets

Selon les enquêtes de victimation Cadre de vie et sécurité, réalisées par l'Insee pour compléter les données brutes des plaintes enregistrées, 295.000 personnes, dont 213.000 femmes, déclarent en moyenne avoir été victimes de violences physiques et/ou sexuelles par leur conjoint ou ex-conjoint entre 2011 et 2018.

"Les violences conjugales sont peu fréquemment suivies de plaintes, en particulier lorsqu'il s'agit d'agressions à caractère sexuel", souligne le ministère de l'Intérieur, pour expliquer l'écart entre les chiffres de l'enquête de victimation et le nombre de plaintes enregistrées.

Selon l'enquête CVS, seules 27% des victimes se sont déplacées au commissariat ou à la gendarmerie, 18% ont déposé plainte et 7% une main courante ou un procès-verbal de renseignement judiciaire (PVRJ), chaque année en moyenne entre 2011 et 2018.

Il y a quelques jours, le ministre de l'Intérieur a fait passer un télégramme aux préfets demandant un meilleur traitement des violences conjugales et sexuelles dans les commissariats et gendarmeries. Il était rappelé notamment que "le recours à la main courante est absolument proscrit" et "l'information rapide du procureur de la République doit être systématique" pour toute dénonciation de violences conjugales et sexuelles, que la victime doit pouvoir déposer plainte "jour et nuit" dans "des locaux favorisant la confidentialité", en présence d'un avocat si elle le souhaite, et que les préfets doivent veiller à renforcer la formation initiale et continue des enquêteurs. 

Article original publié sur BFMTV.com

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