Violences conjugales : les dysfonctionnements des bracelets anti-rapprochement

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Sonneries, perte de réseau… De nombreux dysfonctionnements ont été répertoriés sur les dispositifs de protection. Si bien que le ministère vient de changer de prestataire.

Isabelle Dréan-Rivette, la magistrate à la direction de l’administration pénitentiaire, décrit ainsi son quotidien, elle qui partage son bureau avec la responsable du dossier des bracelets antirapprochement. Ce dispositif, issu du Grenelle contre les violences conjugales et déployé à partir de septembre 2020, permet à une victime d’être alertée dès que son ex-conjoint s’approche à l’intérieur d’un certain périmètre. Mais de nombreux dysfonctionnements ont été répertoriés, si bien que le ministère vient de changer de prestataire.

Sonneries et perte de réseau

À Tours, le procureur Grégoire Dulin dresse un tableau inquiétant. « Le matériel ne fonctionne pas. Il y a des pertes de réseau. Parfois, pendant plusieurs heures, on ne sait pas où est l’auteur. » Une femme victime, poursuit-il, « est réveillée toutes les nuits » par des sonneries pour rien.

""En Espagne, il a fallu attendre sept ans pour que le système fonctionne

En Indre-et-Loire, seuls six bracelets sont actifs aujourd’hui. À Paris, la mesure « est peu demandée par les avocats ou les associations de victimes », selon le président du tribunal judiciaire, Stéphane Noël : « Ce n’est pas le dispositif le plus adapté, à cause de la densité de la population et des transports. »

L’appareil ne cesserait de sonner. Mais le magistrat se veut rassurant : « En Espagne, il a fallu attendre sept ans pour que le système fonctionne. »

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