Violences conjugales: quand Adrien Quatennens évoquait le suivi des mains courantes à l'Assemblée

Adrien Quatennens à l'Assemblée nationale en 2019 - DOMINIQUE FAGET / AFP
Adrien Quatennens à l'Assemblée nationale en 2019 - DOMINIQUE FAGET / AFP

L'archive est à nouveau partagée sur les réseaux sociaux à la faveur de l'actualité. En 2019, le député insoumis Adrien Quatennens, qui a reconnu ce dimanche dans un communiqué avoir giflé son épouse il y a un an, interpellait le gouvernement au sujet des violences faites aux femmes pouvant mener à des féminicides.

Dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le député du Nord reprochait à l'époque à l'exécutif le manque de prise en compte des signalements de violences, qui aurait selon lui permis d'éviter ces drames.

"Combien de cas aurions-nous pu éviter?"

Il rappelait alors le décompte en cours de féminicides par conjoint ou ex-conjoint pour l'année 2019: "117, c'est le terrible décompte qu'a rappelé aux début de nos travaux le rapporteur... 118 me dit-on même. 118 qui depuis le début de l'année 2019 ont été tuées par leur conjoint ou (...) ex-conjoint."

"La question que je me pose à cette heure, et que la représentation nationale se pose également, c'est: combien de ces cas aurions-nous pu éviter?", interrogeait-il.

"Parmi ces 118 femmes, une proportion significative avaient porté plainte, avaient déposé des mains courantes", poursuivait Adrien Quatennens. "Il y a donc, parmi ces 118 féminicides, un nombre significatif de cas qui était prévisibles et qui n'ont pas été prévenus."

Une enquête lancée après la main courante déposée par son épouse

Si Adrien Quatennens n'est pas ici visé par un dépôt de plainte, son épouse - avec laquelle il est en instance de divorce - a déposé une main courante. Une enquête a été ouverte sur cette base par le parquet de Lille pour soupçon de "violences par conjoint" à l'encontre du député.

Cette démarche s'inscrit dans le cadre d'"une politique pénale volontariste pour le traitement des violences conjugale" mise en place "depuis de nombreuses années", a insisté le parquet de Lille. Sa politique en matière de violences conjugales prévoit qu'"en cas de dépôt d'une main courante et lorsque les faits lui paraissent le mériter", les services de police devaient le contacter "pour obtenir des instructions".

Dans un communiqué, son avocate a estimé qu'une "main courante, à la différence d'une plainte, démontre l'absence de volonté d'engager des poursuites par celle qui la dépose". "Je ne peux que souhaiter, à l'avenir, que toutes les mains courantes déposées dans tous les commissariats de France rassent l'objet d'une telle écoute, et d'un tel traitement, et avec une telle célérité", concluait-elle.

Article original publié sur BFMTV.com