Violences conjugales : Élisabeth Borne annonce 10.000 places d'hébergements disponibles à la fin de l'année

Elisabeth Borne et Éric Dupond-Moretti dans l'Essonne le vendredi 2 septembre 2022. - RAPHAEL LAFARGUE / POOL / AFP

En déplacement dans l'Essonne, la Première ministre, notamment accompagnée du garde des Sceaux, a ajouté que le nombre d'enquêteurs spécialisés allait être doublé.

À l'occasion des trois ans du Grenelle des violences conjugales, la Première ministre Élisabeth Borne, notamment accompagnée du garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, était en déplacement dans l'Essonne, aux côtés d'associations qui soutiennent des femmes victimes de violences conjugales.

"90% des mesures du Grenelle sont en vigueur. Ce sont des avancées. Mais tant qu'il y aura des violences, le combat ne s'arrêtera pas", a-t-elle déclaré face aux caméras. Et pour cause. Selon les chiffres dévoilés il y a une semaine par le ministère de l'Intérieur, 122 femmes sont mortes tuées par leur conjoint en 2021, 20% de plus qu'en 2020.

"Nous allons amplifier notre action", a ainsi annoncé la Première ministre.

Améliorer le recueil de la plainte

Première annonce, la poursuite des ouvertures de places d'hébergement. "On sera à la fin de cette année à 10.000 places d'hébergement opérationnelles. 1000 de plus que prévues", s'est félicitée Élisabeth Borne. En 2023, l'effort se poursuivra, avec encore 1000 places supplémentaires ouvertes.

L'amélioration du recueil de la plainte est également dans le viseur du gouvernement, alors que de nombreuses femmes ont raconté avoir dû faire face à des policiers ou gendarmes parfois suspicieux face à leurs déclarations, quand ils ne se montrent pas insultants.

157.000 policiers et gendarmes ont déjà été formés pour recueillir la parole des femmes victimes. Et l'effort va continuer. Le gouvernement a indiqué ce vendredi que le nombre d'enquêteurs spécialisés dans les violences conjugales allait être doublé, tout comme la présence policière dans la rue. Pour les épauler, les intervenants sociaux présents à leurs côtés vont également être renforcés.

Afin d'associer le Parlement, une mission va être confiée à des parlementaires, qui aura pour but de "voir comment on peut avancer pour rendre l'action judiciaire plus lisible, réactive et performante". Cette mission durera six mois, et commencera à la fin du mois.

Mise sur pied d'un comité interministériel

Enfin, Élisabeth Borne a déclaré qu'elle présidera "dans les prochains mois" un comité interministériel pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Ce dernier sera l'occasion d'échanger sur le "pack nouveau départ", un dispositif destiné à faciliter le départ du domicile conjugal pour les femmes victimes de violences de la part de leur conjoint.

"La lutte contre les violences conjugales, je l'ai portée en tant que préfète, je la porte encore en tant que Première ministre", a appuyé Élisabeth Borne.

Article original publié sur BFMTV.com

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