Violences en bandes : pourquoi il y a un "trou noir" dans les statistiques

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À l'instar des "zonards" décrits par Tristana Pimor (2014) ou des "clochards" suivis par Patrick Bruneteaux (2007), les "jeunes des bandes" dans les quartiers pauvres des métropoles, régulièrement cités par les médias lors de faits de violence, portent rarement plainte au commissariat en cas d'agression ou de vol. Ces jeunes, selon nos définitions, se constituent d'adolescents et de jeunes adultes qui représentent environ 10 % de la jeunesse masculine (moins de 30 ans) de leur quartier. Les violences verbales, comme les menaces et les chantages, les violences matérielles comme le vol ou le vandalisme, ou encore les violences physiques se réalisent le plus souvent dans un entre-soi où les témoins, les victimes et les coupables changent régulièrement de rôle et partagent une même défiance à l'égard des policiers et des juges.

Homicides et violences

Laurent Mucchielli observait au sujet des homicides, citant deux spécialistes de la "victimologie" : "Il est classique en criminologie de s'interroger sur les relations entre agresseurs et agressés (Fattah, 1971). Le premier constat qui en est toujours ressorti est celui de l'importance des cas dans lesquels la victime connaissait son agresseur. La proportion varie des deux tiers aux quatre cinquièmes selon les pays et les époques. […]

Les bagarres entre jeunes hommes dans les quartiers pauvres tiennent ici une place centrale en [dehors des homicides conjugaux ou familiaux]. Et c'est sans doute dans ce cadre que les travaux soulignan...


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