Dijon: neuf interpellations pour détention d'armes et stupéfiants

R.B.
Police déployée dans le quartier des Grésilles à Dijon le 16 juin 2020 - PHILIPPE DESMAZES © 2019 AFP

Une nouvelle opération de recherche d'armes, réalisée sous le contrôle du parquet, a été lancée ce lundi matin dans le quartier sensible des Grésilles à Dijon, suite aux violences survenues du 12 au 15 juin. Elle s'inscrit dans le "plan local d'actions judiciaires renforcées contre les armes" (Plajurca), un travail de fond qui a été accéléré à la suite des récentes violences urbaines, a précisé le procureur de la République, Eric Mathais.

Neuf nouvelles personnes ont été interpellées aux Grésilles et sur la commune de Saint-Apollinaire et placées en garde à vue pour détention d'armes et de stupéfiants, a annoncé le parquet à la mi-journée. Selon nos informations, ces interpellations ne sont pas en lien avec les récentes violences.

Des armes et des stupéfiants découverts

Ont été découverts 158 g d'herbe de cannabis, 233 g de résine de cannabis, 91 g de cocaïne, 58.8 g d'héroïne, 52 gde tête d'herbe de cannabis, 5 balances de précision, de nombreux sachets de conditionnement, 2,153 kg de produit de coupe et la somme de 3150 euros.

Ont été découverts également, trois carabines démontées et des sacs contenant entre 2 et 3 kg de cartouches, dont des cartouches à blanc et des cartouches de calibre 9 mm. Sur le toit-terrasse d’un bâtiment ont été retrouvés des tubes servant de lanceurs à tirs de mortiers, des "armes souvent utilisées sur les force de l'ordre", précise le parquet.

Une précédente opération vendredi

Vendredi, lors d'une vaste opération de police, 80g de résine de cannabis, un couteau, 25 cocktails molotov, ainsi que des plaques minéralogiques belges, une motocross, des gants et des cagoules avaient été saisis, avait indiqué la préfecture.

Le préfet Bernard Schmeltz avait alors indiqué que cette opération de police s'inscrivait dans la démarche de "fermeté" voulue par le gouvernement "pour rétablir la paix", à la suite des journées de tensions aux Grésilles.

Les investigations toujours en cours

Le procureur de la République avait indiqué mercredi que les investigations se poursuivaient donc "pour parvenir à identifier les participants" aux violences qui ont secoué la banlieue sud-ouest de Dijon.

Dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, des hommes cagoulés sont apparus munis de ce qui semblaient être des fusils d'assaut ou des pistolets automatiques. Ils s'en sont également pris à des caméras de sécurité et ont incendié des véhicules

Quatre mises en examen

Ces violences ont fait suite à une série d'actions de représailles lancées par des membres de la communauté tchétchène qui voulaient se venger de l'agression d'un adolescent par, selon eux, des habitants des Grésilles.

Le calme est revenu depuis mardi et le père tchétchène de l'adolescent agressé a demandé que cessent ces exactions. Mais celles-ci ont fortement marqué les esprits, dans une capitale bourguignonne peu habituée à ce type de tensions.
Six Tchétchènes ont été interpellés et placés en garde à vue jeudi dans le cadre de l'enquête séparée sur les raids punitifs. Deux ont été mis hors de cause, tandis que les quatre autres ont été mis en examen, dont trois ont été aussitôt placés en détention provisoire. Le quatrième suspect est resté libre sous contrôle judiciaire.

Article original publié sur BFMTV.com