Vincent Lindon dans "L’Apparition" film éclairé de Xavier Giannoli sur la foi

Jacky Bornet
Alors que Xavier Giannoli a dirigé plusieurs fois François Cluzet, c'est la première fois qu'il met en scène Vincent Lindon, un comédien de la même trempe. Dans un film qui revient à une certaine gravité, après "Marguerite", ou "Superstar". "L'Apparition", renoue avec "A l'origine", avec Cluzet justement. Dans son nouveau très beau film, Giannoli interroge toutes les facettes de la foi.

Véracité et foi

Le sujet de la foi renvoie à "Des hommes et des dieux" (2010) de Xavier Beauvois, dont Giannoli n'est pas très éloigné dans son approche d'un cinéma d'auteur français ambitieux. Si leur approche de la foi est différente, le premier se référant à l'assassinat des moines de Tibhirin (1996), Giannoli traite d'une apparition de la vierge Marie, comme d'un fait divers, tant il est documenté. Le point de départ est une enquête lancée par le Vatican pour déterminer la véracité d'un cas d'"apparition". La suite est réaliste, précise. Comme chez Beauvois.

Véracité et foi vont rarement de pair. La seconde n'est pas rationnelle, vécue comme une conviction intérieure, la première relève d'une accumulation de preuves. Le scénario de Giannoli met dans la balance les deux. L'occasion de projeter une forme de mysticisme à l'aune d'un sceptique (Vincent Lindon), mis face à la voyante (étonnante Galatea Bellugi), à un prêtre (excellent Patrick d'Assumçao), à un fanatique (inquiétant Anatole Daubman) et à une foule de pèlerins non moins exaltés.

Temps terrestre et éternité

Belle équation, que toute la sobriété de Vincent Lindon sert parfaitement. Tout comme la mise en scène de Xavier Giannoli. Le sujet, l'apparition de la vierge à un témoin, est rare au cinéma (malgré quelque sept biopics de Bernadette Soubirous) ; Thérèse de Lisieux, c'est autre chose (Le sublime "Thérèse" d'Alain Cavalier). On évoquera aussi "Fellini Roma", avec sa longue séquence de l'apparition de la vierge à deux enfants, plutôt sulfureuse... avec lequel "L'Apparition" a des connivences dans la vision des fanatiques autour de l'enfant visionnaire.

"L'Apparition" retrouve cette acuité d'observation et d'analyse du Xavier Giannoli d'"A l'origine". Le cinéaste prend son temps pour rendre compte du temps terrestre par rapport à l'éternité. Il trouve ce carrefour pour exprimer le doute, dans un scénario écrit en chapitres, avec ses digressions (l'épisode de (...)

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