Vin – Le retour du vrai beaujolais nouveau

Par Jacques Dupont
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Chapelle Notre Dame du Beaujolais, au-dessus de Fleurie.
Chapelle Notre Dame du Beaujolais, au-dessus de Fleurie.

Nous n'en parlions plus. Non pas par snobisme ou dédain. Le mépris affiché par tous ceux qui se croient les défenseurs d'un monde artisanal où le sabotier aurait encore sa place auprès de leur enceinte connectée nous donnaient plutôt envie d'en prendre la défense. Haro sur le baudet ! Comiques gras, bébés chroniqueurs, confondant humour et gourme, sans compter tous ceux qui, depuis, vomissent sur le bordeaux, nouvelle victime, ou encore partisans américains de l'intervention en Irak vidant des bouteilles dans les caniveaux texans (parfois applaudis par quelques demi-vedettes françaises)? c'est fou ce que le beaujolais nouveau a suscité de haine.

Nous n'en parlions plus, car le nouveau masquait trop? l'ancien. Dés que l'on dégainait le mot beaujolais, les autres entendaient nouveau. La propagande excessive au profit de cet épisode automnal figé par une date ? troisième jeudi de novembre ? avait réussi l'exploit de gommer dans les mémoires des consommateurs l'existence des vrais beaujolais, ceux que l'on boit plus tard, qu'ils s'appellent beaujolais, beaujolais villages ou crus (fleurie, morgon, brouilly, chénas et les six autres). Cette razzia sur la chnouf, comme aurait dit Gabin, s'est accompagnée d'une sorte de déclassement de la chnouf. Ce vin pas fini, encore un peu pétillant à peine sevré de sa fermentation, que l'on dégustait sur un coin de tonneau entre Villefranche et Beaujeu, on l'avait déguisé en candidat à l'ENA. On lui avait collé une « prépa [...] Lire la suite