Et le vin gallo-romain jaillit dans la lumière

« Bacchus vieux » (musée du Vatican).
« Bacchus vieux » (musée du Vatican).

Les auteurs romains nous décrivaient les grandes familles de vigne jugées les meilleures, comme les aminées de Campanie, exportées en Narbonnaise, ou les apianes, donnant le muscat. Mais des cépages naissent en Gaule. L'allobrogica, entre vallée du Rhône et Suisse, est adapté aux hivers vigoureux. Son grain mûrit à la gelée. Les Allobroges en tirent leur fameux vin poissé. Les Bituriges créent une variété bien adaptée aux climats froids et humides : la biturica. « Cépage sans renom », selon Pline l'Ancien, cette vigne féconde qui vieillit bien se répand pourtant dans le Berry, dès le Haut Empire, dans toute l'Aquitaine jusqu'à Burdigala (Bordeaux). Comme la caburnica, qui passe la floraison en un jour, ou l'helvenaca, en Narbonnaise, ces cépages sont typiquement gaulois. Inversant l'apport ampélographique à l'instar des courants commerciaux, leurs plants particulièrement féconds fournissent de nouveaux cépages à l'Italie et dans l'Empire. Les pépins gorgés d'eau retrouvés au fond de puits, avec leurs contours, moins déformés que ceux des pépins carbonisés, ouvrent de nouveaux champs d'investigation.

Aux analyses morphométriques, qui différencient vigne sauvage et cultivée, s'ajoute la comparaison possible de ces pépins et de ceux de cépages actuels. En effet, outre un séquençage des grains anciens, les chercheurs commencent à construire une base de données génétiques de nos cépages. Ainsi, dans l'Hérault, les pépins s'apparentent aux groupes de la clairette [...] Lire la suite

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