"Les villes de papier" : dans le jardin d'Emily Dickinson

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De la vie d'Emily Dickinson on ne connaît que des bribes : une année de naissance (1830) et une de mort (1886), la maison d'Amherst dans le Massachusetts, transformée en musée, l'unique portrait d'une jeune fille de 16 ans appelée à devenir l'un des plus grands poètes du XIXe siècle. Entre ces bribes, l'inconnu, ou le terreau fertile de l'imagination. "Emily est une ville de bois blanc nichée au milieu des prairies de trèfle et d'avoine", une ville de papier qui s'anime sous la plume de Dominique Fortier devenue le trèfle, la fleur ou l'abeille peuplant le jardin d'Emily. À travers elle, le lecteur devient le merle posé sur l'appui d'une fenêtre, l'oiseau qui s'engouffre dans la cheminée et vole "éperdu, les ailes pleines de suie, par toutes les chambres", le flocon de neige bientôt modelé en bonhomme par les mains d'Emily, de sa sœur Lavinia et de son frère Austin.

Peu à peu, la page blanche se couvre de souvenirs recréés et des fragments d'une existence ancrée dans un lieu unique, la vaste ­demeure familiale que le grand-père, descendant de la première vague ­migratoire puritaine, avait construite. "De tous les membres de sa famille, celui qu'elle préfère, c'est peut-être bien la maison", cette maison témoin du passage des saisons dont les poèmes d'Emily saisissent les métamorphoses, griffonnés sur un paquet de farine, de noix de pécan ou de chocolat.

Emily Dickinson "aurait dû naître épouvantail dans un champ"

Immobile, son quotidien s'abreuve de l'eau des fleurs qu'elle f...


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