Villeroy (BCE): La rapidité de la relance dans l'UE prime sur son montant

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VILLEROY (BCE): LA RAPIDITÉ DE LA RELANCE DANS L'UE PRIME SUR SON MONTANT

PARIS (Reuters) - La vitesse de la mise en oeuvre du plan de relance de 750 milliards d'euros adopté l'an dernier par les pays de l'Union européenne face à la crise du coronavirus est désormais plus importante que l'ampleur de ce plan, a déclaré mercredi François Villeroy de Galhau, l'un des membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE).

Aux Etats-Unis, l'administration Biden a mis en application depuis plusieurs semaines déjà le plan de relance de 1.900 milliards de dollars adopté par le Congrès, ce qui a suscité des critiques et des interrogations en Europe sur le montant du plan adopté l'été dernier par l'UE.

"Pour nous, Européens, notre principal problème n'est pas l'ampleur de notre réponse budgétaire mais la vitesse de sa mise en oeuvre", a dit François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, dans un discours sur l'écart de croissance entre l'Europe et les Etats-Unis prononcé à l'invitation du Collège d'Europe.

"La vitesse, encore une fois, est notre handicap collectif. Les gouvernements doivent désormais mettre en oeuvre le plan de relance sur lequel ils se sont mis d'accord et ils doivent le faire urgemment", a-t-il ajouté.

"En d'autres termes, nous, en Europe, devons passer des paroles aux actes."

Plusieurs pays de l'UE n'ont pas encore formellement ratifié le plan de relance communautaire et la Commission européenne poursuit les discussions avec certains sur les réformes structurelles qu'il implique.

Le projet risque en outre de se heurter à des difficultés juridiques puisque la Cour constitutionnelle allemande a rendu vendredi un arrêt qui suspend sa ratification après une procédure d'appel engagée par le parti d'extrême droite AfD et une association.

François Villeroy de Galhau a ajouté que la discipline budgétaire restait l'une des solutions aux chocs économiques et que le pacte de stabilité et de croissance devrait faire l'objet d'un débat après les échéances électorales allemandes et françaises de l'automne prochain et du printemps 2022.

"Nous avons encore besoin de règles, mais de règles revues et simplifiées", a-t-il dit.

Concernant la situation française, il a jugé que maintenir le "haut niveau" de dette publique actuel sur les dix prochaines années "serait une stratégie dangereuse pour la France face au risque d'un choc de taux d'intérêt ou à celui d'une nouvelle crise conjoncturelle exogène".

(Leigh Thomas et Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot)