A Villepinte, les matons à bout

Libération.fr

Une soixantaine de surveillants ont bloqué la prison pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail du fait de la densité carcérale.

Des palettes brûlent à l’entrée de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine Saint-Denis), à quelques mètres des pelouses sur lesquelles broutent des moutons noirs. Derrière les murs s’entassent 1 080 détenus dans un établissement qui compte 587 places. C’est, entre autres, pour dénoncer cette surpopulation carcérale record que trois organisations syndicales ont appelé jeudi matin au rassemblement devant la prison francilienne. Une soixante de surveillants venus de toute la région ont répondu présents. «Avec l’été et la chaleur qui arrivent, les tensions vont monter d’un cran dans la prison», redoute Philippe Kuhn, délégué régional du Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS), et ancien de Villepinte, où il a passé douze ans.

Plusieurs surveillants décrivent la peur de la porte, la crainte d’ouvrir une cellule qui accueille un voire deux détenus surnuméraires. Des lits ont été ajoutés dans les cellules, mais parfois des détenus dorment sur un matelas à même le sol : il y en aurait une quarantaine selon Blaise Gangbazo, de CFTC-Justice. Sur le diagnostic, organisations syndicales et direction sont plutôt raccord. Fin mars, la directrice, Léa Poplin, avait prévenu les tribunaux de Bobigny et Paris que son établissement ne pourrait plus accueillir un seul détenu en plus. Ce «stop écrou» a produit des effets, mais trop limités, estiment les surveillants qui manifestent.

Eux voient d’abord dans cette extrême densité carcérale une menace à leur sécurité : «Une agression physique se produit toutes les quarante-huit heures à Villepinte», assure Philippe Kuhn, qui raconte qu’un surveillant s’est fait mordre le doigt «au sang» il y a trois semaines. Julien, qui défile avec une chasuble bleue FO-Pénitentiaire, a connu deux épisodes du genre depuis son arrivée l’année dernière : «Un détenu m’a attrapé une fois à la gorge, un autre m’a (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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