Viktor Orban et la "race hongroise" : le comité d'Auschwitz se dit "horrifié"

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Le Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban, le 6 avril 2022 à Budapest - Attila KISBENEDEK © 2019 AFP
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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a créé la polémique en expliquant ne pas vouloir un peuple "multi-ethnique" qui se mélangerait avec "des non-Européens".

Le comité international d'Auschwitz s'est dit mardi "horrifié" après les propos du Premier ministre hongrois Viktor Orban contre "les races mixtes", appelant l'Union européenne à "prendre ses distances avec de tels relents racistes".

Le discours du dirigeant nationaliste, "stupide et dangereux", rappelle aux survivants de l'Holocauste "les périodes sombres de leur propre exclusion et persécution", a réagi Christoph Heubner, vice-président de l'organisation, dans une déclaration transmise à l'AFP.

Rejet d'une société multi-ethnique

Il a appelé le chancelier autrichien Karl Nehammer, qui accueille jeudi Viktor Orban en visite officielle à Vienne, à se démarquer au nom de l'UE. Il faut "faire comprendre au monde qu'un Monsieur Orban n'a pas d'avenir en Europe", dont il "nie sciemment les valeurs".

Dans un discours samedi en Transylvanie roumaine, où réside une importante communauté hongroise, le Premier ministre de 59 ans, connu pour sa politique anti-migrants, avait réaffirmé avec virulence son rejet d'une société "multi-ethnique".

"Nous ne voulons pas être une race mixte", qui se mélangerait avec "des non-Européens", a-t-il dit.

Les pays "où des peuples européens et extra-européens cohabitent ne sont plus des nations. Ces pays ne sont rien d'autre que des conglomérats de peuples", a également lancé Viktor Orban qui avait tenu des propos similaires dans le passé mais sans utiliser le terme de "race", selon des experts.

Le gouvernement s'est défendu mardi, par la voix de son porte-parole Zoltan Kovacs, contre "une mauvaise interprétation" des propos par "des gens qui ne comprennent clairement pas la différence entre le mélange de différents groupes ethniques de la sphère judéo-chrétienne, et le mélange des peuples de différentes civilisations".

Allusion aux chambres à gaz nazies

Mais Zsuzsa Hegedus, une sociologue conseillant depuis plusieurs années Viktor Orban, a remis sa démission, selon le média hongrois HVG. Dans une lettre, elle dénonce "une position honteuse" et "un pur texte nazi digne de (Joseph) Goebbels", en référence à l'ancien chef de la propagande de l'Allemagne nazie.

Viktor Orban a apparemment fait allusion aux chambres à gaz en fustigeant le plan de Bruxelles de diminuer de 15% la demande européenne de gaz. "Je ne vois pas comment ils peuvent y contraindre les Etats membres, quoiqu'il existe un savoir-faire allemand dans ce domaine, comme le passé l'a montré", avait-il ironisé.

La communauté juive hongroise s'est également insurgée contre ce discours. "De nombreuses espèces différentes peuplent notre planète. Sur deux pattes, travaillant, parlant et pensant parfois, une seule espèce vit pourtant sur cette terre : l'Homo Sapiens Sapiens. Cette race est une et indivisible", a écrit sur Facebook le grand rabbin Robert Frölich.

Dans la classe politique, le ministre roumain des Affaires étrangères Bogdan Aurescu a jugé "inacceptables" de telles "idées".

Article original publié sur BFMTV.com

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