Qui est Viktor Bout, le «marchand de la mort» utilisé comme monnaie d’échange ?

REUTERS/Damir Sagolj

Après la condamnation à neuf ans de prison de l’américaine Brittney Griner en Russie pour trafic de drogue, les Etats-Unis auraient proposé à la justice russe de l’échanger contre Viktor Bout, surnommé le «marchand de la mort».

C’est une histoire digne des plus grands thrillers hollywoodiens. D’ailleurs, le film Lord of War, joué par Nicolas Cage, est largement inspiré de son histoire. Et pour cause. Cet ancien membre de l’armée de l’air russe, polyglotte (il en parle une dizaine), est devenu en quelques années l’un des plus grands trafiquants d’armes au monde.

Bénéficiant de l’effondrement de l’URSS en 1991, Viktor Bout parvient à acquérir de nombreuses armes, vendues une bouchée de pain par le pays. Il flaire alors la bonne affaire et commence à livrer, par le biais d’avions qu’il a également acquis, des armes partout autour du globe. Très fiable, il proposait à ses acheteurs un service «tout-en-un» : fourniture de matériel, entretien, faux certificats de transports et livraison. Si des pays comme les Etats-Unis ont eu recours à ses services en 2003, lors de la guerre en Irak et en Afghanistan, Viktor Bout a aussi livré des rebelles et des milices, lors des nombreuses guerres civiles qui ont émaillé l’Afrique dans les années 90. Les Etats-Unis avaient, sans le savoir disent-ils, bénéficié de ces avions cargos pour transporter des armes.

Mais ce qui fait la réputation de «marchand de la mort» de Viktor Bout, ce sont ses activités en Afrique. En Angola, au Sierra Léone, au Libéria, au Soudan, de nombreuses guerres civiles ont éclaté. L’ONU avait alors pris des mesures d’embargos dans ces pays, interdisant la vente d’armes. Seulement, malgré ces blocus, les milices et rebelles étaient toujours autant armés, alimentant la rumeur d’un trafic d’armes de grande envergure.

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