La vigne en Champagne de Tibère à Jeanne d’Arc

Par Jacques Dupont
·1 min de lecture
Trois tonneaux découverts à Reims sur le chantier du boulevard Henrot, datés de la seconde moitié du Ier s. apr. J.-C. et restaurés grâce au mécénat de la maison de champagne Taittinger.
Trois tonneaux découverts à Reims sur le chantier du boulevard Henrot, datés de la seconde moitié du Ier s. apr. J.-C. et restaurés grâce au mécénat de la maison de champagne Taittinger.

Qu'on nous pardonne de ne pas citer tous les chercheurs ? leur titre et leur poste ? qui ont contribué à cette étude. Trop nombreux, et que des cracks dans leur spécialité. Il le fallait pour mener une telle entreprise : explorer quinze siècles de viticulture champenoise ? du Ier au XVe ? au travers ou, devrait-on dire, grâce aux pépins de raisin. Cela semble un peu fou et, vu de loin, d'un intérêt relatif. Mais, de plus près, cette aventure révèle beaucoup de choses sur le travail des hommes, l'évolution de la société, le climat. Les travaux du grand historien Georges Duby nous ont appris comment un peu de fer sur les charrues ou l'usage de l'engrenage dans les moulins à eau ont abouti à? la construction des cathédrales. Il n'y a pas que le diable caché dans les détails. Et depuis Duby, l'archéologie, une science finalement assez nouvelle, a fait en la matière, celle de faire parler « les détails », d'immenses progrès. Cette quête du pépin en apporte une nouvelle fois la preuve et ouvre une autre perspective sur l'histoire des vignobles en zone septentrionale.

Tout est parti des fouilles menées dans les villes de Troyes (Aube) et Reims (Marne). L'archéologie préventive, définie par une loi de janvier 2001, oblige les aménageurs à faire intervenir une équipe d'archéologues avant le démarrage de tout grand chantier. C'est parfois vécu comme une contrainte pénible par les décideurs et les entreprises, mais grâce à cette action, de nombreux sites ont été mis à [...] Lire la suite