Attentats de Paris : le point sur la sécurité

Voici dans le détail les mesures de sécurité annoncées par le Ministre.

"Cinq cents militaires ont été mobilisés dans la nuit, 1.000 samedi et 1.500 autres complèteront le dispositif dans les trois jours", a expliqué un proche de François Hollande aujourd'hui. Ce renfort s'ajoute aux 7.000 hommes déjà déployés dans le cadre de l'opération Sentinelle qui retrouve ainsi son dispositif maximum (10.000 hommes) déjà atteint au moment des attentats de janvier à Paris.


Dès vendredi soir, "l'ensemble des services de police" de Paris et des départements limitrophes "ont été mobilisés en région parisienne", avec le recours à 5,5 compagnies de CRS supplémentaires.  

Les contrôles aux frontières ont été rétablis, avec 61 principaux points de passage autorisés strictement contrôlés. Les autorités ont demandé aux partenaires européens d'"intensifier les contrôles des passagers voyageant vers la France en train ou par avion" et de les aider pour le contrôle routier des frontières.

Les gares RER, frontalières ou internationales, sont aussi sous surveillance, tout comme les ports et les axes routiers, notamment les autoroutes.

Par ailleurs, 230 gendarmes en renfort "ont été mis à la disposition de la préfecture de police (de Paris) et deux sections du GIGN sont pré-positionnées".
                                  
Les renforts s'ajoutent "aux 30.000 policiers, gendarmes et militaires engagés depuis plusieurs mois à la protection de 5.000 lieux sensibles sur l'ensemble du territoire, dans le cadre du plan Vigipirate".
                  
Pour leur part, "450 sapeurs-pompiers de Paris ont été mobilisés au cours de la nuit et des renforts venus d'autres départements sont à disposition si nécessaire".
                  
Les effectifs issus de 28 centres de déminage "sont prêts à intervenir en cas de besoin". Bernard Cazeneuve a évoqué 15.000 personnels "formés à la gestion des risques chimiques" et "5.000 autres formés à la gestion des risques radiologiques" et d'une "bombe sale".
                  
Compte tenu de l'état d'urgence instauré dans la nuit, une cellule interministérielle de crise siège depuis vendredi place Beauvau sans discontinuer, tandis qu'un état-major opérationnel se réunit deux fois par jour "pour piloter l'ensemble du dispositif relevant de la compétence du ministère de l'Intérieur".
Les préfets peuvent "instaurer un couvre-feu dans les secteurs de leurs départements de compétence", mais aussi ordonner la fermeture provisoire des salles de spectacle, débits de boisson, ainsi qu'interdire toute manifestation, comme cela a été fait à Paris et dans les départements limitrophes jusqu'à jeudi.


Le plan Vigipirate a été rénové l'an dernier pour mieux anticiper et répondre à la complexité croissante de la menace terroriste. Quels sont les principaux changements ?

L'histoire du plan
L'origine du plan vigipirate remonte à 1978, quand la France et l’Europe étaient confrontées aux premières grandes vagues d’attentats terroristes menés par des organisations extrémistes, séparatistes ou soutenus par des états étrangers. Le plan a été activé pour la première fois le 2 janvier 1991, quelques jours avant le début de la guerre du Golfe. Levé dès avril, il est à nouveau déclenché le 7 septembre 1995 : une voiture piégée vient d'exploser à Villeurbanne (Rhône). C'est le début d'une terrible série d'attentats à Paris. Le plan est à nouveau déclenché par Lionel Jospin après le 11 septembre 2001. Plusieurs fois prolongé ensuite, il passe au rouge pour la première fois après les attentats de Madrid, le 11 mars 2004.

L'abandon du code couleurs
Depuis 2003 et la guerre en Irak, le plan Vigipirate se déclinait avec un système de couleurs (jaune, orange, rouge et écarlate). Chacune d'entre elles symbolisait un niveau d'alerte.
L'alerte écarlate, la plus élevée, permettait la mise en place de mesures très contraignantes : le trafic aérien pouvait être arrêté, l'eau du robinet peut être coupée, certains tunnels interdits à la circulation. Il s'agissait du dernier niveau avant l'application des mesures d'exception prévues par la Constitution de 1958. Il a été déclenché en mars 2012, dans la région Midi-Pyrénées, au moment de tueries perpétrées par Mohamed Merah à Montauban et Toulouse.
Avec la nouvelle version du plan Vigipirate, ce code couleur est abandonné pour une seule et même signalétique : un triangle rouge à bords noirs.

La nouvelle signalétique
Un logo rouge en forme de triangle, portant la mention Vigipirate, est désormais visible dans l'espace public. Près de 1.200 militaires continueront à être déployés en permanence en France, afin de sécuriser le territoire aux côtés de la gendarmerie, de la police et des douanes.
Les contrôles des accès aux sites institutionnels, dans les transports, ou lors de grands évènements sportifs seront toujours assurés. Selon la préfecture de police de Paris, ces patrouilles Vigipirate effectuent quotidiennement 20 km sur chaque site surveillé.  
En cas de menace terroriste, un logo spécifique "Alerte attentat" sera ajouté en dessous du triangle rouge à bords noirs. Concrètement, il sera par exemple interdit de stationner aux abords des établissements scolaires, les effectifs militaires et policiers seront renforcés sur le terrain et une cellule de crise (ministères, préfectures, gestionnaires d'infrastructures sensibles) sera instaurée.

Un site pour informer en temps réel les citoyens        
Autre innovation : par souci de transparence, le futur plan sera en partie consultable par les collectivités locales, les opérateurs et le public. La population sera ainsi "complètement informée et participera par sa vigilance à la lutte ou la détection", explique-t-on à Matignon. Les citoyens pourront consulter le tout sur le site www.risques.gouv.fr. Une centaine de mesures sur les 300 prévues par le plan Vigipirate resteront toutefois confidentielles, pour ne pas être "déjouées par d'éventuels terroristes", selon un conseiller du Premier ministre. Il s'agit d'une évolution majeure. Le précédent plan était classé "confidentiel défense" et n'était consultable que par les autorités.

Le plan sous l'autorité du Premier ministre         
Le plan sera placé sous l'autorité du Premier ministre qui bénéficie notamment des renseignements collectés par la future Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). La DGSI va remplacer la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et disposera de plus d'autonomie, notamment pour le recrutement. Elle ne dépendra plus de l'organigramme de la Direction générale de la police nationale.

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles