Vietnam : "Le sol s’affaisse dans le delta du Mékong, un peu comme à Venise"

D. LEGLU

La culture intensive de riz et les pompages des nappes phréatiques provoquent un affaissement du sol qui, cumulé à une montée des eaux due au changement climatique, constitue une menace pour 20 millions de Vietnamiens dont 12 millions d’agriculteurs, explique Alexis Drogoul de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Le constat est simple. Il y a une demande très forte de la part des décideurs politiques de conseils prospectifs venant des scientifiques, non seulement d’épidémiologistes en temps de pandémie tel le Covid-19, mais aussi pour expliciter les impacts du changement climatique. Et "cette demande est encore plus pressante dans les pays en développement", constate Alexis Drogoul, co-directeur de l’International Joint Laboratory (IJL), de l’Institut de recherche pour l’environnement (IRD), sis dans la capitale Hanoi (Vietnam), institut qui prône la "science de la durabilité". A l’occasion des XVIIIèmes Rencontres du Vietnam à Quy Nhon (1), où Sciences et Avenir – La Recherche a été invité à intervenir sur les questions de « Biodiversité et Environnement », ainsi qu’« Ethique des nanotech et biotech », le scientifique résidant au Vietnam depuis quinze ans, a répondu à nos questions.

"En amont du delta du Fleuve Rouge, il n’y a que 4 ou 5 mètres de dénivelé jusqu’à Hanoi"

Sciences et Avenir – La Recherche : Qu’est-ce qui diffère entre notre perception du changement climatique, notamment en France, et celle d’un pays en développement comme le Vietnam ?

Alexis Drogoul : Les pays en développement ou les pays de la zone intertropicale sont soumis à des pressions anthropiques et climatiques dont nous n’avons pas encore complètement conscience. En France, on commence à percevoir le changement climatique avec les épisodes de canicule et la sécheresse mais on ne se rend pas compte de l’angoisse quasi-existentielle qui peut saisir un pays annonçant que d’ici vingt ou trente ans, 1/5ème de sa population aura les pieds dans l’eau.

Est-ce donc le cas du Vietnam ?

Ce n’est pas le cas de tout le pays car une grande partie est montagneuse mais la partie côtière, en particulier dans le delta du Mékong et aussi le delta du Fleuve Rouge sont concernés. Sachant qu’en amont de ce dernier, il n’y a que 4 ou 5 mètres de dénivelé jusqu’à Hanoi, ce qui est vraiment très peu.

Et sur le Mékong (2) ?

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