Ma vie de bureau en Inde - Épisode 1

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Heureux comme un patron en Inde ! Je songe souvent que mon pays d’adoption doit s’approcher du paradis pour les personnes avides de pouvoir et de ses attributs. Ici, l’importance de la hiérarchie demeure telle que ceux qui occupent le sommet de la pyramide professionnelle sont quasiment traités comme des dieux vivants. Vous voulez savoir comment on s’y prend ? Mes conseils made in India.

De manière générale, les Indiens accordent beaucoup d’importance aux titres, honorifiques ou académiques. On donne du “doctor” aux médecins ou titulaires d’un doctorat (PhD), “professor” aux enseignants d’université, “captain” aux pilotes, “His Excellency” aux ambassadeurs… Hors de question d’y couper !

Envers un ou une supérieur hiérarchique, il est donc essentiel de manifester sa déférence verbalement. Si le chef n’a pas de titre, on peut toujours utiliser “sir” ou “ma’am” accolé à son prénom : “Deepak sir”, ou “Neha ma’am”. Le suffixe -ji, qui exprime le respect en Inde, sera aussi copieusement employé : “Deepakji”, “Nehaji”, “sir ji”, “ma’am ji”

Flatter éhontément son chef

Les Indiens n’hésitent jamais par ailleurs à avoir recours à la flatterie la plus éhontée envers leurs chefs. J’ai déjà vu des gens lécher les bottes de leur responsable en public, sans aucune crainte des railleries (qui ne sont pas arrivées). Entendu à une soirée de remise de prix : “Vos réussites sont tellement incroyables, Sir, j’apprends chaque jour à vos côtés, c’est un privilège de travailler avec vous.” Comme si savoir contenter son n + 1 relevait somme toute du professionnalisme de base.

Même dans les organisations les plus progressistes, les collaborateurs montrent un strict respect de la hiérarchie. Je me rappelle un échange avec la DRH d’une entreprise française implantée en Inde, qui me disait avoir les plus grandes peines du monde à obtenir des retours sincères sur des initiatives mises en place dans l’entreprise, car les collaborateurs étaient tétanisés par la crainte de commettre un impair.

Ne pas remplacer les “office boys”

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