La vie aquatique pourrait être impactée par le rejet des eaux plus chaudes des centrales nucléaires

PHILIPPE DESMAZES / AFP

Pour assurer l'approvisionnement électrique du pays, les centrales nucléaires de Blayais, Bugey, Golfech et Saint-Alban ont été autorisées à déroger aux règles environnementales encadrant leurs rejets d'eau chaude jusqu’au 24 juillet. Cette décision pourrait impacter la biodiversité aquatique.

29 réacteurs nucléaires sur 56 sont actuellement indisponibles et la vague de chaleur extrême que subit le pays ne fait qu’empirer la situation. La canicule de cet été a conduit à une élévation inhabituelle de la température de certains milieux aquatiques. Or, une centrale nucléaire dépend des cours d'eau pour refroidir ses réacteurs.

Mais une fois utilisée, l’eau est rejetée à une température plus chaude, de quelques dixièmes de degrés à plusieurs degrés. Pour ne pas trop réchauffer davantage les milieux environnants et protéger la biodiversité aquatique, les températures des rejets d’eau des centrales sont encadrées par l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) pour chaque centrale nucléaire.

Mais cette année, pour continuer à fonctionner à un niveau minimal de puissance malgré la canicule, pour que certaines centrales augmentent la valeur limite de la température de ses rejets d’eau, et cela jusqu'au 24 juillet.

Perturbation possible pour la faune benthique

L'impact de cette dérogation sur le milieu aquatique pose question. Le rejet d’une eau trop chaude pourrait perturber les espèces vivant dans ces milieux comme l’explique à Sciences et Avenir Jérémy Lobry, spécialiste de la biodiversité aquatique à l’INRAE : "Nous faisons l’hypothèse que les poissons peuvent éviter les zones les plus chaudes. En revanche, c'est sûr qu'il y a des impacts physiologiques directes à court terme sur la faune moins mobile comme les crustacés, les mollusques et les invertébrés type polychètes. Ces impacts directs peuvent se traduire par une augmentation de la mortalité locale."

Et les conséquences pourraient aussi être indirectes : lorsque l’eau est très chaude, la boucle microbienne - incorporation du carbone organique dans la biomasse bactérienne - s'accélère et consomme beaucoup d’oxygène. "Ce processus provoque un déficit d’oxygène dans l’eau et nous pouvons atteindre des seuils d’oxygène de 5 voir 2mg/ L d'eau, s’il dure trop longtemps. Ce sont des seuils biologiques en-dessous desqu[...]

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