Bosnie-Herzégovine : un référendum “discriminatoire” aux lourdes conséquences ?

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C’est un référendum en forme de défi… Les Serbes de Bosnie-Herzégovine vont voter ce dimanche pour confirmer la date de leur fête nationale, et ce, malgré un veto constitutionnel et la colère des autorités de l’Etat de Bosnie-Herzégovine.

Milorad Dodik, le président de l’entité serbe Republika Srpska, inflige ainsi un camouflet aux institutions de cette Bosnie, née des Accords de Dayton en 1995.

Il fragilise l’unité de l’Etat, mais il s’en moque :

“Il est impossible que quelqu’un considère ce référendum comme un acte de sécession. Ce n’est pas un référendum sécessionniste. Ce n’est même pas le début d’un processus. Le référendum comme moyen de décision pose problème seulement chez nous. Partout ailleurs, par exemple, en Grande-Bretagne, il est tout à fait normal d’en organiser. Il y a une sorte d’hystérie.“

Dodik, qui menace régulièrement d’organiser un référendum d’indépendance, veut donc aller au bout de sa déstabilisation. Ce nationaliste a rencontré Vladimir Poutine et obtenu son soutien tacite.

Meeting with President of the Republika Srpska entity of Bosnia and Herzegovina Milorad Dodik https://t.co/CJeUKuxO6R pic.twitter.com/Ela7YexMCY— President of Russia (@KremlinRussia_E) 23 septembre 2016

La Serbie, elle, se veut neutre, mais les déclarations de son Premier ministre Aleksandar Vucic sont pour le moins ambiguës :

“La Serbie soutiendra toujours la Republika Srpska. C’est notre obligation, c’est notre droit. Nous en sommes fiers.“

Le 17 septembre dernier, la cour constitutionnelle a confirmé son opposition au choix, jugé provocateur et discriminatoire, du 9 janvier comme fête nationale, et elle a suspendu la tenue du référendum, sur saisine du président de l’Etat de Bosnie-Herzégovine, Bakir Izetbegovic :

“Certaines personnes dans ce pays veulent plus que ce qu’elles ont. Elles devraient obéir à la Constitution et aux lois de ce pays et elles devraient être heureuses de ce qu’elles ont. Si elles réclament plus que cela, j’ai peur que toute la situation leur échappe et que tout soit hors de contrôle.“

Le 9 janvier correspond bien à une fête orthodoxe, mais elle marque surtout la proclamation d’une “République du peuple serbe” en 1992, soit trois mois avant le début de la guerre de Bosnie. Un conflit intercommunautaire qui a fait plus de 100 000 morts en 3 ans.

La campagne référendaire, nationaliste, l’a oublié.

Comme elle omet de mettre en avant le fait que parmi les fondateurs de cette “République du peuple serbe”, on retrouve Radovan Karadzic, condamné à 40 ans de prison pour génocide et crimes contre l’humanité.

Avec AFP, Reuters.

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