VIDEO. "The Tiger Mafia" : pendant 10 ans, il a enquêté sur les dessous des trafics de tigres

Pendant près de 10 ans, Karl Ammann a enquêté sur le commerce de tigres en Asie. "Beaucoup de gens se sont lancés dans ce commerce parce qu'il y a beaucoup d'argent à se faire. Même des gens qui étaient dans le trafic d'armes ou de drogues se sont diversifiés et ont ajouté le trafic d'espèces sauvages à leurs activités, parce que c'est très rentable aujourd'hui", explique-t-il. Les fermes à tigres, des élevages légaux Cette enquête l'a notamment conduit dans ces fermes à tigres. Les fauves y sont reproduits en nombre pour être vendus. Même si les traitements sont souvent inadaptés et les besoins naturels des tigres rarement satisfaits, ce genre d'élevages est la plupart du temps légal. Selon Karl Ammann, il en existerait plus de 200 rien qu'en Chine, renfermant environ 6000 tigres, et plusieurs autres dans des pays voisins comme le Laos. Des destins tragiques Vivants, les tigres peuvent être vendus à des zoos ou des petites ménageries. Les plus jeunes sont particulièrement recherchés, car ils permettent d’offrir des interactions aux visiteurs. Ils sont généralement enlevés dès les premiers mois à leur mère, alors qu'un tigre sauvage passe près de deux ans avec elle. Lorsqu'ils sont morts, les tigres servent de matière première à de nombreux produits. Peau, griffes, globes oculaires, queue, os... Diverses parties du corps sont transformées en remèdes traditionnels ou en produits de luxe. Un commerce hors de contrôle La CITES, une convention signée par 183 pays dont la Chine et le Laos, interdit le commerce de parties de corps de tigres. Mais selon Four Paws, cela n'a pas contribué à limiter ce commerce. Autre problème : la forte demande menace les tigres sauvages. À l'état sauvage, il resterait moins de 3900 tigres encore en vie. Alors que le cœur de ce commerce se trouve en Chine et en Asie du sud-est, il a également des ramifications en Europe, où 1600 tigres vivraient captifs. Entre 1998 et 2017, dans l'Union européenne, plus de 8000 produits illégaux à base de tigre ont été confisqués.