VIDEO. Le syndrome de l'imposteur ou "le sentiment de jamais pouvoir y arriver"

Claire Le Men est autrice de BD. Avant, elle était interne en psychiatrie et durant cette période de sa vie, elle a expérimenté le syndrome de l'imposteur. "J'avais l'impression d'avoir traversé toutes mes études de médecine en étant passée au travers d'un filet en l'enjambant, en louvoyant et par un mélange de chance, de hasard, de travail. En tout cas pas du tout de mérite", raconte-t-elle. La psychothérapeute Anne de Montarlot décrit ce syndrome comme "un déficit particulier de confiance en soi où même quand on réussit, on est pas fière de soi, au contraire, on va minimiser cette réussite." Trois piliiers propres au syndrome de l'imposteur Les trois piliers du syndrome de l'imposteur sont la peur de tromper son monde, la peur d'être démasqué et le fait d’attribuer ses succès, ses compétences à la chance, au hasard. S'il peut être handicapant au quotidien, le syndrome de l'imposteur peut s'apprivoiser. Par exemple, en parler permettrait de se déculpabiliser et de se rendre compte qu'on est moins seul. C'est justement ce qu'a fait Claire Le Men en racontant son histoire dans sa BD, avec humour. "Je me suis amusée à en rire et à prendre un peu de recul", confie-t-elle. Comment mieux vivre avec ? Il existe d'autres moyens pour apprivoiser le syndrome de l'imposteur. Anne de Montarlot conseille notamment de "questionner son récit intérieur", lequel est souvent durement jugé. Cela est souvent la conséquence de croyances limitantes qu'on a incorporées pendant l'enfance. La psychothérapeute suggère aussi d'accepter ses réussites. "Dressez une liste de vos exploits et de vos victoires dans tous les domaines. Restez sur vos objectifs, sans vous comparer aux autres, en arrêtant de toujours vouloir plaire et s'ajuster au regard de l'autre", développe-t-elle. Les femmes plus touchées ? Anne de Montarlot rappelle que hommes et femmes sont tous les deux touchés par ce syndrome. "Tous les deux ont pu développer en enfance une faible estime d'eux-mêmes", précise-t-elle. En revanche, les femmes peuvent être davantage touchées notamment à cause de leur héritage historique mais aussi de leur héritage social, éducatif, culturel qui "ont créé des injonctions sociétales, des stéréotypes de genres qui deviennent des schémas intériorisés par les femmes." En effet, ces nombreuses injonctions pourraient renforcer le syndrome de l'imposteur. Si travailler sur sa confiance en soi est un moyen de s'en libérer, Anne de Montarlot conseille de ne pas tomber dans l'injonction de devoir avoir absolument confiance en soi. "Au contraire, il faut vous déculpabiliser, commencer à vous connaître, à vous accepter et à vous aimer un petit peu plus chaque jour", conseille-t-elle.