VIDEO. "Super-héros ? Ça m'étonnerait", disait de lui le pilote de Tracker Franck Chesneau, mort au feu le 2 août 2019

"Là, on comprend à quelle vitesse ça allait. Le temps qu’on voie la fumée et qu’on arrive, il s’est passé cinq minutes. Il y avait trois à quatre hectares de brûlés et quelques dizaines d’autres menacés des deux côtés, plus des baraques… Il y a des points sensibles et il faut réagir super rapidement", expliquait cet été le pilote Franck Chesneau, 49 ans, à bord de son avion Tracker, au magazine "13h15 le dimanche" (replay). Et cela lui fait quoi de se dire que le boulot a été fait ? "Je suis content, c’est bien. Ça fait toujours plaisir quand tu t’entraînes et que tu fais une action… Le feu s’est arrêté, donc, c’est qu’on était là au bon moment. Et on a fait ce qu’il fallait", répondait l’ancien pilote de chasse reconverti dans la Sécurité civile qui a trouvé la mort en mission le 2 août 2019 près de Générac, dans le Gard, en combattant un feu. Grâce à la stratégie d’attaque immédiate des départs d’incendie, ces avions bombardiers de retardant permettent d’éteindre 70% des feux de forêts. "Nous, c’est notre métier" Les pilotes de Tracker sont répartis pendant la saison estivale entre Nîmes, la Corse et Cannes, où Franck Chesneau passait le mois de juillet sans sa famille : "Quand je rentre en septembre à la maison, les gamins ont grandi, changé… je ne les reconnais pas." Le sacrifice en vaut-il la peine ? "Je ne sais pas s’il en vaut la peine, mais c’est la voie que j’ai choisie. Il y a des avantages et des inconvénients. Cela fait partie des inconvénients. Le sacrifice, c’est de bosser l’été quand les autres ne bossent pas. J’ai signé pour ça, je ne me pose pas de question. C’est comme ça." Se voit-il comme un super-héros ? "Non, non… un super-héros, ça n’a pas de faiblesses, enfin, je pense. Héros, cela me paraît… je ne sais pas ce qu'est la définition de héros. C’est quoi héros ? Tu sauves des gens, c’est ça ? C’est plus courageux que la normale ? Je ne suis pas sûr. Nous, c’est notre métier. On n’analyse pas la situation. On ne sait pas si on est courageux ou téméraire. On le fait, c’est tout, parce qu’il faut le faire. Après, 'super' en plus, je ne comprends pas. Super chanceux ? Ça, c’est sûr. Super-héros ? Ça m’étonnerait."