VIDEO. "Je me sentais vraiment jetable" : Stephanie Land raconte la réalité du rêve américain

"Actuellement, une mère célibataire travaillant au salaire minimum devrait travailler 140 heures par semaine juste pour joindre les deux bouts. Et donc, quand vous dites à une personne qu'elle doit travailler dur et qu'elle y arrivera, c'est absolument impossible, quand elle n'est même pas assez payée pour subvenir à ses besoins ou à ceux de sa famille." Avant de devenir une autrice à succès, Stephanie Land gagnait peu sa vie, travaillant comme femme de ménage. Plus jeune, elle n'aurait jamais imaginé vivre un jour sous le seuil de pauvreté. "J'ai été élevée dans un milieu privilégié", raconte-t-elle. En couple à l'époque, Stephanie Land tombe enceinte alors que sa relation périclite. "Quand il nous a mis dehors, j'avais, je crois, ce qu'il restait de mon remboursement d'impôt. Ce n'était que quelques centaines de dollars et ma famille n'était pas en mesure de nous aider. Nous nous sommes donc retrouvées dans un foyer pour sans-abri", se souvient l'autrice. "Je ne sais pas si quelqu'un a vraiment réalisé que j'étais un être humain" Mère célibataire pendant la récession de 2008, elle a mis son rêve de devenir autrice en attente et s'est mise à la recherche d'un emploi. "Je n'avais pas beaucoup d'expérience professionnelle. J'ai donc commencé à faire le ménage", confie-t-elle. Elle ajoute : "En ce qui concerne mes clients, je ne sais pas si quelqu'un a vraiment réalisé que j'étais un être humain." N'ayant personne sur qui compter, Stephanie Land a dû se débrouiller seule et a trouvé un moyen de continuer d'avancer. Elle a finalement commencé à suivre des cours du soir à l'université et a obtenu un diplôme en anglais et en création littéraire. "Notre salaire minimum n'a pas augmenté depuis deux décennies ou plus" En 2019, Stephanie Land a publié ses mémoires, "Maid", dans lesquels elle dévoile la réalité du rêve américain. "Notre salaire minimum n'a pas augmenté depuis deux décennies ou plus. Et même à 15 dollars de l'heure, c'est encore la moitié de ce dont une mère célibataire aurait besoin pour joindre les deux bouts dans la plupart des États", explique l'autrice. En effet, elle a pu constater directement combien il était difficile de recevoir une aide du gouvernement. "Les personnes vraiment pauvres sont celles qui travaillent le plus dur, (...) elles sont celles dont nous dépendons le plus", insiste Stephanie Land. Aujourd'hui, elle espère que son histoire fera la lumière sur la pauvreté systémique. "J'essaie donc d'en parler autant que possible et j'espère que, parce que les gens écoutent mon histoire, ils commenceront à écouter les histoires qui comptent vraiment", conclut-elle.