VIDEO. Roukiata Ouedraogo raconte son premier jour en France

"J'ai hurlé : "Ouais, ça y est, je suis à Paris !" et mon voisin m'a dit : "Oh, ta gueule ! Tu vas la fermer, oui."" Quand Roukiata Ouedraogo raconte son premier jour en France, c'est avec beaucoup d'humour. Elle est arrivée en France le 11 janvier 2000 et se souvient notamment de la taille modeste de son appartement, des basses températures de la ville en comparaison à son Burkina natal et de l'ambiance peu commode du métro parisien. "Dans le métro, personne ne se dit bonjour, les gens ne se parlent pas et moi, c'était impossible pour moi de rentrer et de m'asseoir comme ça et de ne même pas regarder les gens quoi donc du coup, moi, je disais bonjour, bonjour, bonjour... Personne ne me répondait", raconte Roukiata. "Quand je suis arrivée à Barbès, je suis sortie du métro et là, je me suis dit "Welcome to Africa" ah mais j'étais chez moi, je disais bonjour à tout le monde, les gens me répondaient mais c'était vraiment génial, j'étais heureuse de retrouver cette chaleur-là qu'on a chez nous et qu'on n'a pas dans le 11ème", confie-t-elle.Il y a des moments vraiment où je me suis posée la question est-ce que je suis faite pour vivre ici ? Roukiata Ouedraogo à Brut.Cette différence de culture a amené Roukiata Ouedraogo à s'interroger sur sa capacité à vivre à Paris. "Il y a des moments vraiment où je me suis posée la question est-ce que je suis faite pour vivre ici ? Est-ce que je vais m'adapter ? Est-ce que je vais pouvoir m'en sortir ? Moi, je suis la petite dernière d'une famille de sept enfants donc la petite chouchou on va dire et se retrouver seule ici, face à soi-même, à la solitude surtout, c'était dur et il y a des moments où j'ai pensé à retourner chez moi mais je me suis dit, t'as la chance, il y a d'autres personnes qui aimeraient venir", détaille Roukiata. Après avoir été vendeuse, maquilleuse, femme de ménage et coiffeuse, Roukiata Ouedraogo est, aujourd'hui, comédienne et humoriste.