VIDEO. Responsable du bonheur en entreprise : "bullshit job" ou argument pour garder les collaborateurs?

Christelle est CHO dans une start-up d'Ivry-sur-Seine. CHO pour "Chief Happiness Officer", ou "responsable du bonheur en entreprise... tout simplement", traduit la jeune femme dans un sourire épanoui. Grâce à elle, ses collègues informaticiens ou chefs de projet peuvent bénéficier d'un potager partagé sur la terrasse et d'un "espace détente" avec PlayStation et table de ping-pong. Ces petites améliorations du quotidien au bureau sont permises, selon elle, par "une relation d'égal à égal entre la direction et les collaborateurs. Tant que le travail est fait, il n'y a pas de raison qu'ils ne puissent pas passer 10, 15 minutes à faire un ping-pong". "Prétendre s'occuper du bien-être des collaborateurs, c'est une fiction" Ces réalisations de la "responsable du bonheur" sont vues d'un bon œil par la direction. Elle en fait un argument pour garder les collaborateurs, dans un contexte de "guerre entre les entreprises pour attirer les meilleurs talents". Si, pour le patron de la start-up, ce poste de CHO est donc loin d'être un gadget, ce n'est pas l'avis de la philosophe Julia de Funès, interrogée par "Complément d'enquête". "Prétendre s'occuper du bien-être des collaborateurs, c'est une fiction", dénonce-t-elle, comme l'est d'ailleurs le bonheur lui-même d'un point de vue philosophique... Selon elle, "les Chief Happiness Officers vendent du vent"... et toutes leurs qualités d'entrain et d'énergie ne suffisent pas à faire de CHO un vrai métier. Extrait de "Profession ? 'Job à la con'", un reportage diffusé dans "Complément d'enquête" le 14 novembre 2019.