VIDEO. Rencontre avec Corinne Herrmann, l'avocate des cold cases

"Quand on arrive dans une région, on fait toujours l'analyse de tout ce qui s'est passé, les grandes affaires criminelles de la région, et puis surtout des affaires non résolues." Corinne Herrmann a fait condamner Émile Louis. Elle traque Michel Fourniret dans plusieurs affaires depuis plus de 15 ans. Sa spécialité : les affaires non résolues aussi connues sous le nom de cold cases. "C'est un dossier qui est très ancien. C'est un dossier criminel qui n'a pas été résolu", explique l'avocate. Plus précisément, "c'est une succession d'erreurs d'enquête, qui sont souvent des petites erreurs, ou qui sont souvent des convictions, ou le manque de temps, ou le fait qu'on n'apporte pas d'importance à ce qui est dit par un témoin ou l'autre, ou qu'on ne croit pas à ce témoin, toutes ces petites choses cumulées font ces cold cases, font l'échec", développe-t-elle. Selon Corinne Herrmann, un cold case est un dossier particulièrement urgent bien qu'on ne s'en rende pas compte. "On a un criminel qui agit et qui peut recommencer", ajoute-t-elle. Celle qui traque Michel Fourniret Depuis 14 ans, Corinne Herrmann et son associé Didier Seban sont les avocats du père d'Estelle Mouzin, disparue en 2003. "On prend un dossier souvent tout petit, qui n'a pas été travaillé, où on a rendu un non-lieu, où la famille n’a pas eu de réponse et on va essayer de dérouler toutes les pistes qui n’ont pas été exploitées pour les refournir à un juge d'instruction, pour les fournir à des enquêteurs. Et c'est ce travail d'analyse, d'essayer de trouver la piste et de dérouler les éléments qu'on a qui est passionnant et qui me passionne", confie l'avocate. Après un combat acharné, le tueur en série Michel Fourniret a finalement avoué ce meurtre début 2020. Avec le recul, Corinne Herrmann estime que toutes les affaires non résolues peuvent l'être. "Une fois qu'on a combattu l'inertie de la justice, ou la mauvaise volonté de la justice ou des enquêteurs, une fois que tout le monde regarde dans le même sens, que tout le monde travaille, les enquêteurs, les juges, les avocats, que les parties civiles nous donnent les éléments et nous soutiennent. Quand tout le monde va dans le même sens, eh bien, on avance très vite et en règle générale, on identifie assez vite l'auteur des faits", conclut-elle.