VIDEO. Précarité étudiante : "Il m'arrive des fois où je ne voudrais plus me réveiller"

Pensées suicidaires, isolement, dépression, solitude... Ce sont les mots qui reviennent de façon récurrente dans les témoignages recueillis par Neïla. Étudiante en licence, elle a créé une plateforme au sein de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sur laquelle des étudiants partagent leurs témoignages et leur détresse au quotidien. "J'ai mis en place ce formulaire tout simplement pour réagir au suicide d'un étudiant à Sorbonne Université", explique-t-elle. En créant cette plateforme, Neïla espère ainsi faire prendre conscience de l'impact de la situation sur la santé mentale des jeunes. "La journée d'un étudiant en 2021 se résume à choisir son pyjama du jour, manger si on a encore un peu d'appétit, je sais que pour ma part j'ai plus trop d'appétit", confie Neïla. "Je survis" Aussi, Neïla constate autour d'elle une forte augmentation des décrochages scolaires. "À l'échelle de ma licence, on est sur un taux de 80 %", précise l'étudiante. "On a plus confiance en nos capacités", déplore-t-elle. Étudiante passionnée, Neïla confie que c'est la première fois qu'elle ressent ce sentiment de démotivation et l'envie d'arrêter ses études. S'ajoute à cela un dégoût de la "frontière technologique". Étant face à un écran quotidiennement pour suivre ses cours, Neïla ne se sent plus capable ne serait-ce que de répondre à des messages : "Ça joue vraiment psychologiquement sur nos liens sociaux."