VIDEO. "Je pense qu'il est urgent que les gros se montrent" : le combat de Gabrielle Deydier contre la grossophobie

Alors qu'elle a 16 ans, Gabrielle est en léger surpoids. C'est un rendez-vous médical qui va tout chambouler : un spécialiste lui conseille de perdre une vingtaine de kilos et lui diagnostique une maladie qu'elle n'a pas. Des années d'errance diagnostique Il lui prescrit des traitements hormonaux qui lui font prendre du poids. "Le premier traitement hormonal m'a fait prendre 28 kilos en 3 mois", souffle-t-elle. Elle ajoute : "Suite à ces régimes trop restrictifs, mon rapport à l'alimentation a complètement vrillé." En effet, ces régimes finissent par entraîner chez elle des crises d'hyperphagie. "C'est vraiment quelque chose qui est compulsif : on mange comme on pourrait taper quelqu'un en fait", décrit Gabrielle. Elle qualifie son rapport à la nourriture d'autodestructeur. "Je peux les comparer à des crises de scarification", dit-elle. En découdre avec les clichés Aujourd'hui, Gabrielle se bat contre la grossophobie et contre les discriminations liées à l'obésité. "C'est important de comprendre que l'obésite, c'est une maladie multifactorielle où il y a à la fois un terrain génétique, un terrain familial, un terrain d'éducation mais aussi un terrain économique", assure Gabrielle. L'autrice de "On ne naît pas grosse" raconte quelques scènes auxquelles elle a dû faire face. "Je me suis retrouvée un jour dans un entretien d'embauche où le recruteur m'a dit que le QI était inversement proportionnel à l'indice de masse corporelle."

"Montrer les gros" Cette banalisation des discriminations liées à l'obésité peut engendrer "une phobie d'être gros". "Je connais des gens qui mettent des pulls en été parce qu'ils ont peur qu'on leur dise que leurs bras sont trop gros", témoigne Gabrielle. Selon elle, il est "urgent que les gros se montrent". "Qu'ils mettent des débardeurs, qu'ils mettent des shorts, qu'ils se promènent à poil s'ils veulent en fait", conclut-elle.