VIDEO. Marion Chaygneaud-Dupuy a débarrassé l'Everest de plusieurs tonnes de déchets

Marion Chaygneaud-Dupuy a atteint trois fois le sommet de l'Everest. Lors de sa première expédition, elle se souvient avoir été marquée par l'abondance de déchets qui jonchaient le sol. "Au camp 3, on est à 8300 mètres. Donc là, c'est vraiment ce qu'on appelle la "death zone". C'est-à-dire qu'il n'y a plus du tout de place pour la vie. Si on reste trop longtemps sur cette zone, on meurt en fait. C'est là que les déchets sont le plus laissés abondamment, parce que finalement il y a cette urgence de monter ou de descendre. Donc il n'y a plus du tout de conscience, de respect de ce lieu", développe l'alpiniste. Plusieurs opérations de nettoyage L'Everest a été gravi pour la première fois en 1953. Depuis, le sommet attire toujours plus d'alpinistes venus du monde entier. "Il y a de plus en plus de touristes qui viennent juste pour atteindre le sommet, sans vraiment prendre en compte l'importance de garder la montagne propre et pure", regrette Marion Chaygneaud-Dupuy.C'est ça aussi cette relation avec la montagne, c'est comprendre qu'il y a toujours des équilibres à respecter, qu'on ne peut pas tout prendre, qu'il faut redonner à un moment donné pour prendre soin en retour. Marion Chaygneaud-Dupuy à Brut.Entre 2016 et 2019, elle lance des opérations de nettoyage appelées Clean Everest. "Toute cette infrastructure, cette coordination, ça a motivé les troupes. Ce qui fait qu'il n'y avait pas que les personnels, les professionnels de la montagne qui étaient mobilisés pour ramasser les déchets, mais il y avait aussi tous les alpinistes des différentes expéditions, des différents pays qui étaient mobilisés", développe l'alpiniste. Néanmoins, pour le ramassage des déchets en très haute altitude seuls les sherpas tibétains ou népalais peuvent s'y rendre. "On a estimé que c'était indispensable de payer ce travail", explique Marion. Des mesures pour limiter le flux de déchets En parallèle, les équipes prennent des mesures pour limiter le flux de nouveaux déchets. "Il a fallu mettre en place une infrastructure avec des zones de dépôt des différents déchets, des recyclables, des non-recyclables, pour que continuellement, quand les expéditions viennent, elles puissent déposer leurs sacs de déchets au fur et à mesure qu'elles les produisent", détaille Marion. Aussi, chaque alpiniste doit descendre au moins 8 kilos de déchets. Aujourd'hui, l'éco-label Clean Everest est appliqué pour toutes les plaines du Tibet, "pour ne pas seulement nettoyer les glaciers, mais aussi garder les sources d'eau dans la plaine propres." Pour Marion, il est important de "comprendre qu'il y a toujours des équilibres à respecter, qu'on ne peut pas tout prendre, qu'il faut redonner à un moment donné pour prendre soin en retour."