VIDEO. Malfaçons dans la construction : pourquoi sont-elles si fréquentes ?

Pauline et Jean-Charles se sont endettés sur vingt-cinq ans pour faire construire leur pavillon. Les travaux sont vite devenus un enfer, et ils redoutent les malfaçons. Pour en avoir le cœur net, ils ont fait appel à un expert en bâtiment. Coût de la visite : 1 000 euros. Sylvain Baron, l'expert, a rendez-vous avec Pauline et son beau-père devant le pavillon presque terminé. Le chef de chantier vient leur ouvrir la maison. Se faisant passer pour l'assistante de l'expert, une journaliste d'"Envoyé spécial" filme la visite en caméra cachée. Comme le craignait Pauline, les malfaçons grossières ne manquent pas. Elles sautent aux yeux de l'expert : autour des fenêtres, les montants qui soutiennent le Placoplatre ont été mal installés ; la laine de verre qui assure l'isolation thermique des murs a été mal posée. Etanchéité, isolation, durabilité de la maison... rien ne va. "Ils se moquent de nous", conclut l'expert. Conducteurs de travaux négligents, artisans mal payés... Si les malfaçons sont si courantes, explique Sylvain Baron, c'est que pour réduire les coûts, les constructeurs font faire appel à des entreprises "moins-disantes". D'où, parfois, des artisans mal payés, des conducteurs de travaux négligents... Anthony Zurita, le charpentier qui témoigne dans cet extrait, connaît bien ce système. Il a travaillé pendant six mois sur le chantier de la maison de Pauline. Selon lui, les chefs de chantier se seraient rarement montrés, personne ne serait venu vérifier son travail, et les artisans étaient payés avec plusieurs semaines de retard – jusqu'à quatre mois dans son propre cas. Comme "il faut que l'argent rentre", certains finissent par déserter ce type de chantier et "vont travailler ailleurs, où ils sont payés tout de suite". Les travaux, eux, accumulent alors les retards. Extrait de "Ma vie en chantier", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 5 novembre 2020. > Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS & Android), rubrique "Magazines".