VIDEO. "J’achète à manger comment ?" Une demandeuse d’emploi prise dans l’engrenage des frais bancaires

Tatiana Seguin a perdu son emploi il y a un an, et depuis, elle vit "dans le rouge" dès le début du mois sans savoir comment s’en sortir. Pôle emploi lui verse son allocation chômage le 3 de chaque mois, et elle se retrouve vite à découvert : "Au maximum le 10… Donc je vis comment ? J’achète à manger comment ? Pas en tout cas avec mon argent. Je suis obligée de demander à ma maman de m’aider ou à mon papa… Sinon, on ne mange pas", confie-t-elle au magazine "Cash Investigation" (replay). Quand en 2016, elle a acheté sa maison dans ce coin tranquille en Seine-et-Marne, tout allait bien pour elle et sa fille, qu’elle élève seule. C’était la "maison du bonheur". En CDI depuis six ans, Tatiana gagnait alors 1 850 euros net par mois. Grâce à cette situation stable, sa banque lui a octroyé des crédits. Trop de crédits : un prêt pour sa maison, soit 900 euros, et un crédit conso de 140 euros. Cela représentait plus de la moitié de son budget mensuel… L’addition peut très vite devenir salée Tatiana a été piégée par ses crédits quand elle s'est retrouvée au chômage. Depuis, elle a très souvent des nouvelles de sa banque dans sa boîte aux lettres : "Ce courrier sympathique…Tous les jours, j’ai une lettre de ce genre… Un prélèvement de 9,98 euros qui risque d’être rejeté. Voilà…" Ce prélèvement est devenu un problème car ses dépenses dépassent aujourd’hui son découvert autorisé : "Au 17 juin, j’étais à moins 1 139 euros et j’ai droit à 900 euros de découvert…" Dès lors, l’engrenage s'est mis en marche. Mais comment fonctionne la mécanique des frais bancaires ? Par exemple, le client d’une banque touche un salaire, mais il a aussi des crédits et des dépenses. Trop de dépenses… A tel point que son compte tombe dans le rouge. A découvert, il doit payer des intérêts, appelés agios. La banque lui prête de l’argent qu’il n’a pas. Et tout se complique quand il plonge plus profondément dans le rouge, dépassant alors le découvert autorisé qu’il a fixé avec son établissement bancaire. C’est à ce moment qu’arrivent les frais d’incidents bancaires. Et l’addition peut très vite devenir salée... Un extrait de "Nos très chères banques", une enquête de Mathieu Robert diffusée jeudi 4 février 2021 à 21h05 sur France 2. > Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo et son application mobile (iOS & Android), rubrique "Magazines".