VIDEO. Quel impact a la crise sanitaire sur la santé mentale des étudiants ?

"J'ai un peu du mal à me projeter dans les 6 mois à venir", "On va arriver à avoir zéro vie sociale au final"… Comme Umit, George et Elisa, des centaines d'étudiants sont impactés psychologiquement par la crise sanitaire. Le psychiatre Frédéric Adger constate une forte augmentation des demandes de suivis psychologiques. "On a 15 à 20 appels par jour pour des demandes de suivi psychologique (…) Les listes d'attente dans tous les centres, dans notre centre et dans tous les centres comparables sont de plus de 300, 400 étudiants", explique-t-il. "On a évidemment des projets, on a des objectifs, on a des rêves mais on a aucune idée de comment les mener à bien sur le long-terme", déplore Umit. Il ajoute : "Toutes ces questions-là, c'est infiniment angoissant d'y réfléchir sur une période où tout change d'une semaine à l'autre, où les règles de vie commune changent du tout au tout d'une semaine à l'autre où effectivement on est forcés de réfléchir au temps court." Un cadre éclaté Aussi, le manque de socialisation serait particulièrement critique chez les 18-25 ans… Frédéric Adger explique effectivement que c'est une "période où on passe du monde familial et scolaire à un monde beaucoup plus ouvert sur des choses nouvelles, sur le social et sur des apprentissages et puis, à terme, un travail." Aussi, le psychiatre souligne la difficulté de faire face à un cadre davantage tourmenté dans les universités. En cause, les mesures de distinciation sociale, les cours en visio ou encore le port du masque. "La période, elle est particulièrement compliquée pour ceux qui débarquent à la fac et qui n'ont pas pu du tout avoir de repères à la fac ni nouer des relations avec les autres étudiants. Ils se retrouvent dans une fac où ils voient les gens une semaine sur deux masqués, l'autre semaine en visio… Donc nouer des liens, c'est compliqué, être confronté à un cadre encore plus large que celui de la face habituelle quand on sort du lycée, c'est très déstabilisant", commente le chef de service du BAPU Pascal lequel évoque aussi la difficutlé pour les étudiants qui arrivent au terme de leurs études. Frédéric Adger conseille de maintenir les liens avec ses proches. Enfin, il préconise de rester organisé en évitant de se décaler du point de vue des horaires.